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Saturday, 11 December 2010

CROYANCES, MANIPULATIONS ET MENSONGES EN MATIÈRE DE TABAC

Le professeur Robert Molimard fut l’invité de la Société d’Addictologie Francophone qui tenait une réunion sur le thème « Vérités, croyances et mensonges en Addictologie » à l’Hôpital Sainte-Anne à Paris le 9 décembre dernier.

Avec l’aimable permission du professeur, nous reproduisons ici le texte intégral de sa présentation. Vous trouverez cet exposé accompagné des fichiers audio et Power Point, dont nous vous recommandons fortement de consulter, dans son site Tabac Humain.


Croyances, manipulations et mensonges en matière de tabac

Robert Molimard

Contaminée par un pesticide comme le Gaucho® ou le Régent®, une abeille perd ses repères et ne peut retrouver ni sa ruche ni ses champs de fleurs favoris. On ne peut résoudre un problème si les messages sont brouillés. Perturber les repères, brouiller la communication
s'oppose aux comportements et adaptations rationnels. Mensonges, manipulations, sont les armes favorites pour accroître sans limites le pouvoir économique et politique et le profit, sans aucun égard pour le bien-être des populations ou la survie de la planète.

Fabricants et vendeurs de tabac, Etat, ligues de vertu, industrie pharmaceutique, toutes ces forces en œuvre dans le domaine du tabac sont prêtes à tout pour faire triompher leur intérêts ou leurs passions. Dans une curieuse collusion, elles semblent se satisfaire d'une confusion où la vérité scientifique n'a pas sa place, et où le fumeur est en fin de compte une victime complice.

Les tabagiers

Dès les premières informations sur le risque à fumer; ils ont été prompts à les combattre par des publicités mensongères. Certes les affiches vantaient la détente, la convivialité de la cigarette, l'aspect glamour pour séduire les femmes. Mais certaines étaient une négation des effets délétères sur la santé. Dans l'entre deux-guerres, aux USA où le commerce n'était pas encadré par une Régie d'Etat comme en France, on voyait parmi celles qui fleurissaient les murs les appels au médecin. "Beaucoup de médecins fument des Camels plutôt que toute autre cigarette". Argument d'autorité, poussant à les imiter. "Pas un seul cas d'irritation de la gorge en fumant des Camels". Elles ne peuvent être dangereuses, puisqu'un ORL avec son miroir frontal vous le dit. Et votre docteur va jusqu'à vous prescrire la cigarette filtre L&M :"just what the doctor ordered". Plutôt qu'arrêter de fumer, on va même jusqu'à vous suggérer de passer aux Philip Morris, et dans 3 cas sur 4 la toux disparait![1]

Mais leur plus belle réussite est l'arnaque des cigarettes légères. Le 8 juin 1985 lors de la 3e journée de la dépendance tabagique à Paris à la Faculté des Saints Pères, j'avais invité L.T. Kozlowski. Il venait nous exposer ses travaux menés à Toronto avec une machine à fumer[2]. Il expliquait que les quantités de nicotine et de goudron affichées sur les paquets de cigarettes n'étaient pas des teneurs du tabac. D'ailleurs le tabac ne contient pas de goudron, formé lors de sa combustion. C'étaient des rendements, c'est-à-dire les quantités recueillies dans la fumée lorsque la cigarette était fumée par une machine dans des conditions standard. Quant au tabac, il était pratiquement le même, que la cigarette soit étiquetée forte ou légère en fonction de ces rendements. La grande différence tenait aux micro-perforations au niveau du filtre, par où peut pénétrer l'air de la pièce. Si bien que lorsque la machine aspire la bouffée standard de 35ml, si 30ml entrent par ces perforations, le dosage ne porte que sur 5 ml de fumée! Mais il a suffi à Kozlowski d'obturer cette ventilation et de modifier les paramètres de réglage de la machine pour multiplier par 22 le rendement affiché de 0,1mg de nicotine et par 29 celui de goudron. Le fumeur est parfaitement capable d'une telle performance. D'ailleurs, dans un travail sur 2031 fumeurs, M. Jarvis[3] a calculé à partir de l'élimination de cotinine la quantité de nicotine réellement absorbée, et n'a trouvé aucune différence quels que soient les rendements affichés, de 0,1 à 1mg.

La conclusion est nette et sans appels: Le fumeur n'est pas une machine. Les rendements affichés n'ont aucun intérêt pour prévoir son absorption de toxiques. Pourtant, 20 ans plus tard, une directive européenne spécifiait qu'à compter du 1 janvier 2004, les teneurs (sic) maximales pour les cigarettes seraient de 10mg par cigarette pour le goudron, 1mg pour la nicotine et 10mg pour l'oxyde de carbone. Cette directive 2003 est encore en vigueur! Force est donc de constater que l'Union Européenne cautionne la duperie des cigarettes légères. Je n'y vois que deux explications. Ou bien les "experts" qui conseillent l'UE sont d'une incompétence majeure et d'une ignorance crasse. Ou bien ce sont des taupes de l'industrie tabagière. En tous cas, personnellement, je n'ai pas été consulté et plaide non-coupable.

Les entreprises du médicament

On appréciera d'abord le changement sémantique. Ce n'est ni innocent ni gratuit. Naguère, c'était l'Industrie Pharmaceutique. Rien de rassurant. Industrie évoquait des cheminées d'usine crachant des fumées noires. Pharmaceutique, c'étaient des alignées de bocaux marqués "Poison", avec des têtes de mort barrées d'une croix rouge. Tandis qu'Entreprise, c'est dynamique, cela sent le progrès, et Médicament, c'est pour guérir, ce ne peut qu'être bénéfique. Simple naïve question d'image? Ou manifestation de l'art de la manipulation?

Car la grande imposture en matière de tabac a été la publication du rapport 1988 du Surgeon General. De façon strictement incompréhensible, si l'on ne fait pas la relation avec le lancement sur le marché de la gomme à la nicotine, il a été intitulé "Nicotine Addiction". La prémisse majeure de ce qui semblerait un syllogisme est : "Le tabac crée une puissante addiction'. La prémisse mineure : "Le tabac contient un poison neurotrope, la nicotine" D'où découle la conclusion : "Donc la nicotine est responsable de l'addiction au tabac". Mais on ne peut d'évidence tirer une telle conclusion. Une foule d'autres hypothèses sont possibles, il y a même des arguments majeurs à lui opposer, ne serait-ce qu'aucun cas de dépendance à la nicotine seule n'a été décrit depuis l'isolement de cette substance, bien avant sa commercialisation médicamenteuse. Cela ne manque pas d'étonner quand on sait la propension des toxicomanes à explorer les extraits purifiés de leurs plantes favorites. Il ne s'agit donc pas d'un syllogisme, mais d'un pur sophisme, car aucune preuve formelle de dépendance à la nicotine seule n'a encore été apportée.

Et pourtant, contre toute rigueur scientifique, ce sophisme s'est implanté, à force d'être répété, matraqué comme une vérité première, avec le support des autorités sanitaires et politiques. Ainsi le célèbre test de Fagerström, dans les recommandations de bonne pratique de l'AFSSAPS, continue-t'il à être dénommé :"Test de dépendance à la nicotine". Pourtant, aucun de ses 6 items ne lui fait référence. C'est un test de dépendance à la cigarette, c'est tout, et l'on n'aurait rien à redire s'il se dénommait ainsi. Est-ce un détail? Non, c'est une faute, clairement intentionnelle, intellectuellement et scientifiquement gravissime par ses conséquences. Car avoir décidé ainsi, imprimé dans l'esprit des médecins, des autorités et du public que la nicotine à elle seule expliquait la dépendance au tabac exclut à l'avance toute recherche sur les facteurs de cette dépendance, et livre à l'industrie pharmaceutique tout un champ, désormais libre, d'exploitation commerciale.

Mais une deuxième manipulation, pourtant théoriquement facile à démonter, fait actuellement ses ravages: l'énorme mensonge à la base de toutes les politiques répressives à l'encontre des fumeurs au nom du tabagisme passif. Elles ont trouvé, et c'est normal, un soutien populaire d'autant plus efficace que les non-fumeurs sont en majorité, et que beaucoup de fumeurs ont pensé que cela pourrait les aider à se débarrasser du lourd fardeau de leur dépendance à la cigarette. Il est vrai aussi que l'omniprésence de la fumée devenait de plus en plus intolérable et qu'une régulation s'imposait, au nom du droit des non-fumeurs à ne pas être constamment incommodés. Mais il fallait trouver un argument d'un plus grand poids, le risque que faisait courir la fumée des autres à la santé des non-fumeurs. En 1990, Catherine Hill l'évaluait à 1000 décès annuels pour la France, dont une centaine de cancers du poumon. Elle faisait remarquer la large marge d'incertitude quand on veut apprécier des incidences aussi faibles. Devant l'Académie de Médecine, M. Tubiana montait en 1997 l'évaluation à 2500 décès, dont 105 cancers du poumon. Il transposait ainsi à la France la considérable hausse du risque cardiovasculaire dans l'évaluation américaine. En 2005, sans étude particulière pour la France, Norman et Dubois y annonçaient 3000 décès.

Mais ces hausses ne suffisaient pas à faire atteindre le niveau critique qui aurait fait de la fumée passive un grave problème de santé publique justifiant des mesures drastiques. C'est alors que parut un rapport international. Produit par quatre institutions, Cancer Research UK, European Respiratory Society, Institut National du Cancer et European Hearth Network, il annonçait avec grande précision pour la France 5863 décès, vite arrondis pour la presse à 6000 décès[4]. On atteignait enfin un niveau justifiant les mesures qui furent vite adoptées dans la majorité des pays. (figure 1)


Figure 1.- Reproduction du tableau du rapport "Lifting the SmokeScreen" évaluant pour la France la mortalité par tabagisme passif. Elle est ventilée selon l'âge et l'exposition à domicile ou au travail, en individualisant le travail dans "l'industrie de l'hospitalité", à savoir hôtels, restaurants, bars et discothèques. Sont calculés séparément les décès par cancer du poumon, affections cardiovasculaires, attaques cérébrales et affections respiratoires chroniques. Aucune de ces évaluations ne prend en compte la dispersion statistique

Mais la lecture de ce rapport révélait une énormité: le changement de la définition du tabagisme passif. Car, avec une grande naïveté, voire désinvolture, les auteurs donnaient aussi leurs évaluations chez les non-fumeurs! Et là, avec 1114 décès dont 152 cancers du poumon, on revenait à peu près à l'évaluation de Catherine Hill 20 ans auparavant. Mais, dans le détail, sur ces 1114 décès, on voit mal comment une loi interdisant de fumer dans les espaces publics pourrait avoir quelque efficacité sur les 1007 de ces 1114 décès liés à une exposition à domicile, tant que la police ne serait pas autorisée à défoncer votre porte au bélier pour verbaliser votre conjoint. 107 décès étaient attribués à une exposition au travail, et 6 d'entre eux aux conditions spéciales des hôtels restaurants, bars et discothèques où l'application de l'interdiction avait été retardée d'un an. (figure 2)

Figure 2.- Reproduction du tableau du rapport "Lifting the SmokeScreen" évaluant pour la France la mortalité par tabagisme passif chez les non-fumeurs. C'est la seule évaluation qui corresponde à la définition traditionnelle du tabagisme passif, à savoir les "non-fumeurs victimes de la fumée des autres". L'évaluation globale correspond à des données anciennes. L'importance de l'exposition à domicile au tabagisme du conjoint est surprenante, ainsi que la faiblesse des décès par exposition au travail, en particulier dans l'industrie de l'hospitalité, où les conséquences de l'interdiction ont amené les plus importants bouleversements des habitudes sociales.
Ainsi les auteurs ont classé 4749 fumeurs actifs comme victimes du tabagisme passif sous l'argument spécieux que, fumant dans leur bureau, ils en respiraient l'air qu'ils venaient d'enfumer! J'ai fait une analyse complète de ce rapport[5] scandaleux. Elle n'a évidemment suscité aucun écho. J'y faisais qu'il a été présenté lors d'une conférence tenue à Luxembourg le 2 juin 2005, en présence des plus hautes autorités de l'Europe, par les associations mandatées pour l'établir, sous le parrainage de GlaxoSmithKline et Pfizer, justement à l'occasion du lancement du Champix®.

Mais l'opération est ratée sur le plan du marketing. En effet, non seulement les fumeurs, stigmatisés et pourchassés, ne se sont pas précipités vers les pharmacies en réponse aux interdictions, mais les ventes de tous les médicaments dits "de sevrage tabagique" sont en chute libre. Et ceci malgré une intense publicité télévisée indirecte qui devrait être interdite, car il est cousu de fil blanc que le fumeur saura quel médicament, remboursé par la sécurité sociale, il lui faudra insister pour que son médecin le lui prescrive.

Mais le plus grave, pour qui se préoccupe de la santé des fumeurs, est que ces mesures drastiques se montrent contreproductives vis-à-vis du tabagisme. Les ventes officielles de tabac augmentent, sans que baisse la contrebande. La prévalence du tabagisme des jeunes s'accroît. Les consultations de tabacologie sont désertées. Les DIU de tabacologie n'attirent plus les étudiants. Par défense identitaire, les fumeurs se replient dans un "tabagisme retranché". Ils deviennent inaccessibles aux messages de santé publique.[6]

Les Croisés anti-tabac

On quitte le raisonnement logique pour la foi et la passion. Tout est bon pour faire triompher "la bonne cause", y compris le "pieux mensonge ". Tout débat, toute recherche scientifique sont donc "pré-clos". Parmi eux, il est évidemment de purs idéalistes, survivants des militants des anciennes "ligues de vertu". Mais il est hélas beaucoup de bons apôtres qui attisent et exploitent à leur profit cette force militante aveugle, pour asseoir un pouvoir ou une
notoriété, voire des avantages plus concrets.

Pour ces chevaliers de la pureté, le tabac est le mal absolu, le diable. Il faut l'éliminer, l'éradiquer. Au moins, le cacher, voire le vendre "sous le comptoir", comme les revues porno (sic). L'industrie tabagière est satanique. Il faut la détruire, qu'elle disparaisse, la ruiner par des procès.

Le problème est qu'elle existe parce qu'elle répond à une demande. Si le tabac s'est répandu dans le monde entier depuis Christophe Colomb, c'est parce qu'il a su la susciter, alors qu'il n'y avait d'autre possibilité publicitaire que le bouche à oreille, que sa culture était artisanale. L'industrie est née de cette demande, elle ne l'a pas créée. Si l'industrie disparaissait, la demande demeurerait, exigerait d'être satisfaite. Elle le serait. Les multinationales placeraient leurs capitaux dans des paradis fiscaux, d'où ils financeraient une production délocalisée dans quelque contrée africaine. Les cigarettes seraient distribuées par des circuits mafieux de contrebande, alimentant la délinquance. Plus aucun contrôle de la qualité des produits ne pourrait être réalisé. La répression ne pourrait être que policière, et la corruption s'organiserait. Ces intégristes sont des gens dangereux pour l'équilibre social et la santé publique.

Quand au fumeur, ils le voient eux possédé du démon. Il faut le pourchasser, le traquer dans ses derniers retranchements, même chez lui. Qu'il n'ait même plus de chez lui, et déjà aux USA certains fumeurs se voient refuser la location de logements. De plus, en bonne morale judéo-chrétienne, il faut qu'il soit puni par où il a péché. Que son vice lui coûte et le ruine. Augmentons donc le prix des cigarettes, puis du tabac à rouler. Depuis des décennies, on nous assène un mensonge, sans tolérer la moindre critique: la seule méthode efficace pour faire baisser le tabagisme serait d'augmenter le prix des cigarettes. Comme c'est inefficace, on dit que ce n'est ni assez souvent, ni assez fort ! Mais pas plus que la stigmatisation, la politique de prix élevés ne marche pas.

C'est là sa véritable faille. On pourrait la défendre si son efficacité compensait ses graves effets pervers. Car elle détruit l'individu, l'HOMME- esclave de la cigarette: Elle l'enfonce dans la pauvreté, l'exclusion sociale, le pousse à des comportements de fume plus dangereux. Mais elle n'exorcise pas le démon de la dépendance.

De grandes statistiques avec des modèles mathématiques abscons veulent la justifier[7]. Pourtant, si une d'une telle politique était efficace après 30 ans d'application dans le monde, on devrait en voir les effets. La prévalence du tabagisme devrait être plus faible là où les prix sont élevés. En comparant dans les 27 pays de l'Union Européenne la prévalence en fonction des prix, évidemment corrigés en fonction du pouvoir d'achat, on devrait pouvoir calculer une droite de régression significative avec une belle pente négative. J'ai établi ce graphique à partir de données de 2009[8] [9]. Le résultat est sans appel. Nous obtenons un nuage de points, il n'existe aucune relation significative, et même, véritable pied de nez, la droite de régression calculée a une pente positive! (figure 3)

Figure 3.- Distribution de la prévalence du tabagisme dans les 27 pays de l'Union Européenne en 2009 en fonction du prix de la cigarette la plus vendue (Marlboro ®) corrigé en fonction du pouvoir d'achat.

La science ne peut progresser que si l'on reconnait ses erreurs. C'est se voiler la face, truquer les résultats en fonctions de ses intérêts ou de ses passions qui est diabolique.


[1] L'Université de Stanford publie une considérable collection de telles affiches téléchargeables sur http://lane.stanford.edu/tobacco/index.html
[2] Kozlowski LT, Rickert WS, Popo MA, Robinson JC. Estimating the yields to smokers of tar, nicotine and carbon monoxide from the "lowest-yield" ventilated-filter cigarettes. Br. J. Addict. 1982b, 77 : 159-65
[3] Jarvis MJ, Boreham R, Primatesta P, Feyerabend C, Bryant A. Nicotine yield from machine-smoked cigarettes and nicotine intakes in smokers: evidence from a representative population survey .J Natl Cancer Inst. 2001 Jan 17;93(2):134-8.
[4] Lifting the smokescreen, 10 reasons for a smokefree Europe .www.ersnet.org
[5] Molimard R. Le rapport européen "Lifting the smokescreen: Etude épidémiologique, ou manipulation?
Revue d'Epidémiologie et de Santé Publique, (2008) 56 ;(°4): 286-90
[6] Falomir, J. M., Mugny, G. (2004) Société contre fumeur, Une analyse psychologique de l’influence des experts. Grenoble : Presses Universitaires de Grenoble
[7] Ross H, Blecher E, Yan L, Hyland A. Do cigarette prices motivate smokers to quit? New evidence from the ITC survey. Addiction. 2010 Nov 9. doi: 10.1111/j.1360-0443.2010.03192.x. [Epub ahead of print]
[8] Prévalences Europe 2009 selon http://ec.europa.eu/health/tobacco/docs/ebs332_en.pdf
[9]Prix en 2009 d'un paquet de 20 cigarettes Marlboro dans les 27 pays de l'union corrigé par le pouvoir d'achat, selon http://www.cancer.be/images/journaliste/Communique-de-presse-taxation-tabac-100229.pdf

Wednesday, 11 March 2009

ILS N'APPRENDRONT DONC JAMAIS !


Le 3 mars 2009, dans le blogue de l’éditorial de cyberpresse Quand la malbouffe parle à vos enfants dont nous vous suggérons fortement d'y lire les différents commentaires et d’y participer, notre vice-présidente a laissé le commentaire suivant :

(…) 200 millions du gouvernement et 200 millions de la Fondation Chagnon ont été investis dans les bonnes habitudes alimentaires. Ça commence déjà très mal. La malbouffe ayant été complètement enlevée des écoles, les jeunes sortent pour diner pour consommer de la nourriture encore plus malsaine dans le fast-food du coin. Que songe-t-on faire pour pallier à cela? Établir une zone tampon autour des écoles où il n’y aura pas de malbouffe bien sûr ! Et voici une autre interdiction qui verra le jour sous peu ! Et si ceci ne fonctionne pas (et ça ne fonctionnera sûrement pas, car les jeunes ont plus d’un tour dans leur chapeau), quoi après? La contrebande de la malbouffe dans les écoles se fait déjà dans certaines provinces qui ont interdit la malbouffe avant nous.

Voici qu’aujourd’hui dans Cyberpresse on nous rapporte qu’un projet pilote initié par Coalition Poids pour interdire la malbouffe dans un périmètre des écoles, verra le jour bientôt. Il est évident que les ‘’bien-pensants’’ de la société n’apprendront jamais qu’une loi amène à une autre à perpétuité jusqu’à la privation totale de notre libre arbitre, de notre autorité parentale et de notre liberté Que ces groupes de pression ne le comprennent pas ou font semblant de ne pas le comprendre pour avancer leur agenda, passe, mais que nos élus tombent toujours dans le même panneau au lieu de concentrer leurs efforts et nos taxes sur l’éducation et l’assistance à ceux qui en ont le plus besoin financièrement et moralement, cela frise l’idiotie. Navrant, vraiment navrant !

Une nouvelle initiative est lancée pour contrer la présence de malbouffe à proximité des écoles.

Tuesday, 24 February 2009

LES BAGELS CUITS AU FOUR À BOIS BIENTÔT INTERDITS?


Nous vous invitons de lire l'article de Canoë Polluants, les bagels? ainsi que les commentaires des gens qui trouvent que cela va trop loin, qui l'accompagnent.

Vous y trouverez également notre propre commentaire qui lit comme suit:

Lorsque les amants des libertés ont tenté de mettre la population en garde contre les interdictions à perpétuité en commençant par les interdictions exagerées de fumer un produit légal jusqu'à dans les clubs privés, la majorité a joué à la sourde oreille car cela faisait l' affaire de ceux qui n'aiment pas l'odeur de la fumée.

Maintenant que les interdictions instiguées par toutes sortes de groupes de pressions (et oui l'association pulmonaire est aussi un groupe de pression) commencent à toucher la vie d'un nombre de citoyens plus diversifié on crie au meurtre?

Et bien, on ne recolte que ce qu'on a laissé semer et avec intérêt par surcroît. À moins que certains groupes d'intérêt de plus en plus puissants soient remis vite à leur place, attendons-nous à des interdictions de plus en plus exagerées et absurdes. Après tout, tout comme la cigarette, le bagel cuit au four à bois, ou le bagel tout court, n'est pas une nécessité absolue mais un petit plaisir de la vie (qui fait engraisser pardessus le marché). Qu'importe si cette interdiction viole toute tradition, tout comme il importait peu qu'on viole la tradition nord-américaine de fumer en prenant un verre. On en a vraiment pas besoin de bagels pour vivre, ils vous diront. Dans quelques années il nous sera permis de consommer seulement ce qui est absolument nécessaire pour la survie. Préparez-vous à cette éventualité qui rendra la vie non seulement sans grand intérêt, mais une prison avec des citoyens otages pas plus en santé que nos parents et grands-parents l'ont été malgré les petits plaisirs qu'ils se permettaient et qui rajoutaient du piquant à la vie.

Friday, 10 October 2008

APRÈS LA GUERRE AUX FUMEURS, LA GUERRE AUX AUTOCHTONES

N’est-ce pas que bon nombre de citoyens fumeurs et non-fumeurs, malgré que très mal organisés et sous-financés en raison que la loi anti-tabac de Philippe Couillard a été adoptée rapidement et sournoisement, ont quand même tenté par le peu de moyens qu’ils disposaient d’avertir les élus que la répression n’était pas la solution au problème du tabac ? N’est-ce pas que ces mêmes citoyens ont prévenu que cette loi qui repose sur des fondations fallacieuses et incohérentes n’était ni réfléchie ni responsable ni honnête et conséquemment son adoption apporterait plus d’effets pervers que des bienfaits ?

Tous ceux qui ont tenté tant bien que mal de faire entendre raison au gouvernement se sont vus catalogués soit comme des ‘’accros à la nicotine’’ soit comme des ‘’pions de l’industrie du tabac’’, ou pis encore, ils ont été totalement ignorés.

Et bien ce sont ces grands ignorés ‘’accros à la nicotine’’ et accusés d’être des ‘’pions de l’industrie du tabac’’ qui avaient raison sur toute la ligne.

Non seulement le tabagisme n’a nullement baissé depuis l’adoption de cette loi, mais les effets pervers se font de plus en plus sentir et Imperial Tobacco, l'Association canadienne des dépanneurs et les anti-tabagistes professionnels, dans un élan de désespoir, montent de plus en plus le ton contre les cigarettes autochtones en implorant le gouvernement de s’en mêler.

Mais qu’est-ce que tous ces bien-pensants illuminés, directement responsables de cette situation, les uns par leur trop grande activité vers l’adoption de cette loi, les autres par leur inactivité déconcertante pour essayer de l’empêcher, suggèrent pour ramener la situation ? Certainement pas la baisse des taxes, ah que non ! Certainement pas l’allégement de cette loi pour donner un répit aux fumeurs, ah que non ! Ils ne réclament rien de moins que davantage de mesures répressives - contre les autochtones cette fois !

Après la guerre aux fumeurs, allons-y gaiement avec la guerre aux autochtones. Il faut croire qu’on n’apprend jamais de nos erreurs passées.

Il devient quand même presqu’amusant de voir toutes les parties qui ont un intérêt monétaire dans l’enjeu se débattre comme un ‘’yâble dans l’eau bénite’’, pour protéger leurs bénéfices. Aussi, nous sommes tentés de sourire en observant comment nos politiciens se sortiront du pétrin dans lequel ils se sont mis en ne suivant que les “conseils” des anti-tabagistes, si ce n’est que ce sont encore les taxes des citoyens qui seront encore une fois dilapidées.

Lire:








Tuesday, 23 September 2008

LETTRE À MM JEAN-FRANÇOIS ROUX ET ÉRIC CAIRE

Messieurs,

Ayant pris connaissance que vous réclamez une commission parlementaire sur le fléau des cigarettes autochtones et de contrebande, nous aimerions vous faire part de notre point de vue à ce sujet.

Étant donné que la campagne agressive, voire même inhumaine, que la santé publique mène contre le tabagisme n’a apporté aucun résultat pour baisser le taux du tabagisme en plus d’avoir créé un véritable problème de marché illicite et d’avoir nuit aux coffres de l’état, aux commerçants et aux industries légitimes y compris l’industrie du tourisme, du jeu, de la restauration et des bars, il serait peut-être grand temps que nos élus cessent de se fier uniquement sur le point de vue monolithique des groupes de pression anti-tabac qui ont perdu tout sens de la réalité, et d’écouter les premiers concernés dans la problématique, ceux qui vivent cela au quotidien -- les citoyens eux même.

- Le taux du tabagisme baissait constamment et ce sans trop de problèmes de contrebande avant l’hystérie anti-tabac tel qu’on la connaît aujourd’hui. En effet, depuis les campagnes agressives des dernières années, la prévalence du tabagisme n’a pas bougé d’un iota. (Voir dernier
rapport de Statistiques Canada). Déployez vos efforts et investissez nos taxes dans des programmes honnêtes, intègres et humains comme on avait jadis et qui ont assisté des millions des fumeurs dans la cessation de leur habitude.

- Cessez immédiatement le financement des groupes anti-fumeurs les plus radicaux.

- Arrêtez de freiner systématiquement les efforts de l’industrie du tabac vers la recherche d’un produit moins nocif. Pour différentes raisons, un certain pourcentage de fumeurs existera toujours. Aussi, la santé de ces fumeurs n’est-elle pas importante aux yeux des élus ? Pourquoi freine-t-on tout effort vers une cigarette moins nocive en se pliant à la philosophie ‘’tolérance zéro’’ de l’industrie anti-tabac ?

- Ordonnez aux sociétés dites charitables de se concentrer sur les objectifs visés dans leur charte de constitution en laissant la politique à ceux que la démocratie a élus par voix populaire.

- Baissez les taxes à un niveau juste et raisonnable en tenant compte de la réalité.

Toute autre mesure ne serait que tristement vaine. Croire que la société peut enrayer le problème de contrebande de tabac est une utopie qui ne tient compte d’aucune réalité. Soyez réalistes et arrêtez de dilapider les taxes des citoyens vers des mesures qui n’auront absolument aucun effet à part de rendre la situation davantage incontrôlable.

L’heure est au bilan et le bilan est clair. Les mesures anti-tabac des dernières années, ont apporté plus de problèmes que de solutions et ce n’est pas davantage de répression qui va ramener la situation à une normalité relative.

Des représentants de notre organisme sont prêts et disponibles de s’asseoir aux tables de discussion à ce sujet.

Sunday, 1 June 2008

LE PREMIER PAS À FRANCHIR


La philosophie de C.A.G.E. se base sur le principe fondamental que le corps de l’individu est souverain et nul n’a droit de s’y approprier au nom d’un bien-être collectif autant sur le plan de la santé que sur le plan économique.

Chez C.A.G.E., nous nous battons inlassablement sur tous les fronts pour dénoncer l’envahissement sournois de l’état dans nos vies qui finit par s’approprier de notre corps pour ainsi en faire une super machine performante au service de la collectivité.

‘’Qui oserait critiquer la norme dominante d’optimisation des corps et des organes, de prévention des risques et d’épanouissement’’, demande
François Cusset dans son article « Votre capital santé m’intéresse... » C’est précisément là que réside l’explication au phénomène du très peu d’organismes bien connus qui se battent pour préserver le droit sur l’être physique et moral de l’individu. Car nul ne désire être étiqueté comme un propagandiste de la mauvaise forme, d’une santé déficiente, d’un ‘’vice’’ quelconque. Et le mouvement politique hygiéniste – un partenariat bien établit entre corporations, gouvernement et groupes de pression mieux connu sous le terme fascisme – mise précisément sur cette crainte pour gagner petit à petit du terrain et faire du capital sur la santé de l’individu.

Prendre conscience du phénomène est sans aucun doute le premier pas positif à franchir. Se débarrasser des sentiments de culpabilité et de honte qui nous ont été insidieusement inculqués pour nous désarmer, est difficile mais pas impossible. Il n’est jamais trop tard pour renverser petit à petit la vapeur pendant qu’il nous reste encore des petites ouvertures qu’une démocratie de plus en plus agonisante met à notre disposition. Nous osons espérer que l’article de François Cusset ici-bas assistera plusieurs à franchir ce premier pas crucial.

Extraits de: « Votre capital santé m’intéresse... » (cliquez sur le titre pour lire l'article complet)

« Arrêtez de fumer, protégez votre capital santé ! » : le message a recouvert les murs de nos villes et les « unes » de nos quotidiens et magazines (1). Comme si, à force de n’en faire qu’un atout, un bien, un capital – dont le rendement dépendra des choix stratégiques et de la « responsabilisation » de chaque individu, l’on avait oublié que la santé est à la fois construction culturelle et éthique personnelle.
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Qui oserait critiquer la norme dominante d’optimisation des corps et des organes, de prévention des risques et d’épanouissement ? Elle est présentée dorénavant à la façon d’un processus naturel, ce bon instinct, en l’occurrence, que sauront réveiller en nous les nouveaux experts de la santé.
Car le capitalisme avancé, avec ses ressorts vitalistes, son impératif de mobilisation des corps, a rendu inaudible tout autre son de cloche. L’heure est au chantage unanime à la gestion individuelle de sa santé.
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En redéfinissant la santé comme une obligation personnelle de prévention, selon la logique aujourd’hui dominante du « risque » et de son imputation individuelle, les assureurs, les industriels du secteur et les médias spécialisés ont accrédité l’idée-clé d’un « devoir de santé » auquel oseraient déroger, à leurs dépens et aux frais de la collectivité, les fumeurs, les buveurs, les non-sportifs, les mangeurs malsains et autres dépressifs chroniques « refusant de se soigner ». C’est à eux, et à eux seuls, que doivent être imputées les faiblesses de leurs fonctions vitales, mais aussi, dans la foulée, celles de l’économie nationale, trop longtemps « redistributive », estiment ainsi les nouveaux économistes de la santé.
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Géants pharmaceutiques et experts d’Etat, ministères de la République et médias privés, annonceurs et comités d’éthique se retrouvent ici au coude à coude, moins au sens « complotiste » d’une alliance des puissants dans le dos du citoyen qu’au plus profond de la logique néolibérale – dont Foucault avait aussi en son temps proposé une généalogie historique (5).
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Ainsi, quand ce ne sont pas uniquement les ingénieurs de l’écologie ou de l’alimentation bio qui nous disent comment vivre, pour notre bien comme pour celui du corps collectif, mais encore les risquologues, les économistes, les thérapeutes de plateau de télévision, les entraîneurs sportifs et les sexologues « alternatifs », les géants du médicament et les politiques de tous bords, et jusqu’à la famille elle-même ou la direction des ressources humaines, soucieuses d’optimiser notre « capital santé », alors ce corps qu’on nous attribue cesse définitivement d’être le nôtre.

Friday, 7 March 2008

INTERDICTION DE FUMER DANS LES VOITURES

Malgré qu'il a exprimé il n’y a pas tellement longtemps qu’interdire de fumer dans la voiture en présence d’enfants, est une mesure trop intrusive qu’il n’envisage pas, voilà que le premier ministre Ontarien, Dalton McGuinty, a changé d’idée. Ayant subit la pression insistante des lobbies anti-tabac puissants, il va jusqu’à comparer l’exposition d’une heure à la fumée secondaire dans une voiture, à l’inhalation d’un paquet de cigarettes !

Nous avons déjà exposé les incohérences dans le discours des anti-tabagistes à ce sujet dans notre commentaire anglais HOW ETHICAL IS IT TO LOBBY GOVERNMENT ON EPIDEMIOLOGICAL BASED EVIDENCE? Nous nous abstiendrons de faire ici la même analyse des études au sujet de l’asthme, et les autres méfaits allégués de la fumée secondaire. Nous nous contenterons plutôt d’exprimer des commentaires qui font appel à la logique et le simple bon sens, que voici :

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et jusqu’au milieu des année 80, la fumée du tabac était omniprésente dans la société. Depuis la maison, jusqu’au cabinet du médecin, nous étions, en tant qu’enfants et adultes, constamment en présence de la fumée du tabac. Pourtant, la génération des baby-boomers, est celle qui vivra le plus longtemps selon plusieurs experts qui craignent que le vieillissement et la longévité de la population bouleverse l’économie des sociétés. Comment explique-t-on ce phénomène ? Comment explique-t-on que les baby boomers ont à leur tour élevé leur propre progéniture dans la fumée sans conséquences et pourtant c’est la génération subséquente à celle de la génération X, celle qui fut la moins exposée à la fumée, qui est affligée de toutes sortes d’allergies et intolérances ?

Puisque nous n’aurons jamais une réponse claire des anti-tabagistes qui refusent systématiquement de nous engager dans un débat honnête, pour le besoin de ce qui suit, faisons semblant que nous croyons à leur discours. Nous sommes en droit alors de leur poser des questions d’une importance incontestable : Comment se fait-il que ces bien-pensants, sauveurs de nos enfants, aient attendu si longtemps pour les protéger ? Comment se fait-il, par exemple, que ce sont les hôtesses de l’air les premières à avoir bénéficié de leur campagne anti-tabac avec l'interdiction des vols fumeurs ? Puisque, selon eux, ce sont les enfants qui sont les plus vulnérables aux risques de la fumée secondaire, pourquoi n’ont-ils pas commencé par s’occuper de leur cas prioritairement ? N’est-ce pas là un acte irresponsable, voire même criminel, de les avoir relégués au dernier rang de la campagne agressive qu’ils mènent depuis au moins 25 ans ? Comment se fait-il que plusieurs qualifient d’abus et de négligence le fait de fumer en présence d’un enfant et pourtant ils se contentent des simples amendes comme conséquences pour les coupables ? Aux grands maux les grands moyens, non ? Si fumer en présence d’un enfant constitue de la négligence ou de l’abus, alors qu’attendent-ils pour militer pour des punitions conséquentes au moins égales à celles qu’on inflige aux batteurs d’enfants ? A-t-on déjà entendu parler d’un abuseur d’enfants qui, après avoir été trouvé coupable, s’en est tiré avec une amende de 100 $ ? Allez, les anti-tabagistes, soyez conséquents de la propagande que vous répandez sans aucune vergogne, et accusez officiellement les parents fumeurs pour les atrocités qu’ils font subir à leurs enfants afin que les tribunaux les punissent avec des conséquences à la mesure de leurs actes odieux ! Soyez sans crainte, chers lecteurs, ce n’est pas demain la veille qu’ils le feront, car la preuve ne sera jamais acceptée par les tribunaux, puisqu’ elle n’est que probabilité statistique insignifiante, controversée et aucunement concluante.

Soyons très clairs, nous sommes tout à fait d’accord que fumer en présence des enfants en santé, peut leur causer de l’irritation et de l’inconfort. Aussi, la plupart des parents ont pris la décision de ne pas les soumettre à la fumée et c’est tout à fait correct tant que cette décision est basée sur leur propre jugement et l’avis du pédiatre de l’enfant puisque la fumée secondaire peut compromettre la santé de certains enfants malades. Dans un contexte du cas par cas, il existe des lois bien implantées pour protéger les enfants affectés, de la négligence parentale et, beaucoup plus sévères qu’une simple contravention. Cependant, voter une loi qui vise la collectivité et qui n’a comme appui que la rectitude politique et/ou l’hystérie collective, démontre une fois de plus que son seul but est de démoniser davantage les fumeurs afin de les rendre honteux de leur habitude et ainsi ajouter une pression sociale de plus pour les contraindre de cesser de fumer --en ayant recours aux divers produits pharmaceutiques comme méthode préférée bien entendu.

On ne doit sous aucun prétexte, à moins d’abus réels, intentionnés, et prouvés, permettre l’ingérence de l’état dans notre rôle de parent. Nous n’avons qu’un commentaire pour les élus qui se plient à la propagande anti-tabagique : Restez hors et loin de nos espaces privés et la dynamique de nos familles !


L'Ontario pourrait interdire de fumer en voiture avec des enfants

L'Ontario pourrait se joindre à d'autres provinces canadiennes en interdisant le tabagisme dans les voitures lorsque des enfants sont présents. Le premier ministre Dalton McGuinty s'est engagé hier à soutenir la loi interdisant cette pratique, admettant qu'il a eu tort de s'y opposer dans le passé.

La Nouvelle-Écosse et trois États américains ont déjà interdit l'usage de la cigarette dans les voitures où des enfants sont passagers. Le gouvernement de la Colombie-Britannique s'est engagé à faire de même dans son récent discours du Trône, et le Nouveau-Brunswick et le Manitoba envisagent d'emboîter le pas.

M. McGuinty a affirmé la semaine dernière qu'il reconsidérait la proposition grâce à l'insistance de sa ministre de la Promotion de la santé et de son député d'arrière-ban David Orazietti, qui a soumis l'an dernier un projet de loi d'initiative parlementaire. «Lorsqu'il m'a d'abord parlé du projet, je l'ai rejeté, a déclaré M. McGuinty hier. Mais il m'a convaincu que nous le devions à nos enfants.«

Le projet de loi compte de nombreux appuis, de sorte qu'il est permis d'espérer qu'il sera accepté de tous les partis lors de la session du printemps, qui devrait s'amorcer le 17 mars, a dit le premier ministre, qui a ajouté que le gouvernement pourrait lancer une campagne publicitaire visant à sensibiliser le public aux dangers de la fumée secondaire pour les jeunes enfants.

L'Ontario a déjà interdit le tabagisme sur les lieux de travail et dans les endroits publics comme les bars et les restaurants.

Tuesday, 4 March 2008

LA COALITION D'INTÉRÊTS


Est-ce que les nouvelles qu’on nous présente sont équilibrées ? Les médias sont fervents des nouvelles ‘’vendeuses’’ qui suscitent des émotions et des sensations fortes et qui penchent souvent du côté de la ‘’victime’’. Aussi, en choisissant de nous présenter seulement le côté ‘’vendeur’’ de l’histoire, le citoyen se voit privé de l'opportunité de peser tous les côtés d’un sujet pour forger son propre opinion sur un enjeu quelconque. C.A.G.E. s’est déjà plaint auprès du CNNR pour un cas semblable et la décision du CNNR ne se pouvait plus claire :

Extrait de la décision en référence au Dossier du CCNR 05-06-1537

L'essentiel de la question se résume a dire que tant que Ie reportage n'enfreint
pas les normes prévues par les divers codes régissant I’ industrie de la
radiodiffusion, il est libre au radiodiffuseur de raconter I'histoire comme il veut.
Les règles imposées concernent en grande partie I'exactitude, I’impartialité et la
nécessité d'établir une distinction entre les nouvelles et les commentaires
éditoriaux, d'éviter la déformation et Ie sensationnalisme, de respecter Ie droit a
la vie privée, et d'éviter les conflits d'intérêts. Une fois Ie respect de ces règles
assure, Ie radiodiffuseur dispose d'une liberté de choix considérable pour ce qui
est de la présentation de son reportage.

En peu de mots, lorsqu’il y a plus d’un côté à une histoire, le journaliste qui nous la présente, a toute la liberté et la latitude de la couvrir sous l’angle que lui même appuit ou qui sera la plus vendeuse pour son article.

Voici quelques extraits d’un article de l’Agence Science Presse qui nous fait part de ce ‘’biais’’ médiatique :

Changements climatiques et médias ne font pas bon ménage

Agence Science-Presse

Quel est le plus grand danger qui menace la couverture journalistique des changements climatiques? Les médias eux-mêmes et leur culture du clip? Le risque que le public finisse par se lasser d’en entendre parler? Ou bien cette tendance qu’ont les journalistes à toujours prendre le parti de la victime?

Le changement climatique est effectivement l’un des pires sujets à vendre à un média, a expliqué Andrew Revkin, journaliste scientifique au New York Times depuis 14 ans. Revkin s’adressait alors à une salle essentiellement composée de scientifiques, dans le cadre du congrès de l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS), qui avait organisé un atelier sur la couverture journalistique des changements climatiques.

Et les scientifiques présents dans cette salle bondée auraient bien aimé savoir pourquoi les courants atmosphériques, les variations régionales des températures et la circulation thermohaline, entre autres passionnants sujets, ne se retrouvent pas plus souvent à la Une.

Parce que, leur a énuméré Andrew Revkin, « il n’y aura pas d’impact perceptible demain, parce que c’est une science difficile à faire comprendre, parce que ça entre en compétition avec le manque chronique d’espace et de temps... » Qui plus est, tout bon rédacteur en chef réclame pour sa première page une histoire « équilibrée » — les deux côtés de la médaille — et... de l’émotion. Le climat, ça ne fait pas une bonne photo!

N’empêche que les climatologues seraient malvenus de se plaindre. En dépit de tous ces obstacles, le climat a réussi à se tailler une place de choix dans les journaux, comme l’a rappelé Matthew Nisbet, de l’American University à New York, auteur d’une étude sur « Vingt années de changements climatiques dans l’oeil du public ».

Son tableau — le nombre d’articles publiés dans le New York Times et le Washington Post — montre une ligne qui, frôlant le zéro pendant toutes les années 1980, vit une montée en flèche depuis 2004 — après avoir connu quelques « hauts », comme en 1991 avec le Sommet de Rio, mais surtout des « bas », de 1991 à 1998 et de 2002 à 2004, guerre d’Irak oblige.

Une mode qui va passer?

N’y a-t-il pas un risque que la vague actuelle finisse par passer à son tour, lorsque les rédacteurs en chef — et les lecteurs — se seront lassés? Eh bien oui, c’est ce qui va se passer, admet Revkin, qui juge toutefois que les lecteurs n’y perdront pas au change : sa prévision, c’est qu’au cours des prochaines années, le réchauffement cessera d’être une « histoire », et que les journaux se concentreront plutôt sur les questions d’énergie.

Pour sa part, il estime être passé depuis longtemps au-delà de la couverture journalistique « classique » — des nouvelles, jour après jour, sans mise en contexte : avant même d’entrer au Times, Revkin avait eu le temps d’écrire cinq livres, dont un, The Burning Season, mettait en contexte, dès 1990, les questions économiques et environnementales; il a été traduit en neuf langues et a remporté de nombreux prix. Au Times, ce gagnant du Prix Pulitzer est décrit comme étant celui qui couvre « les questions environnementales dans leur contexte social et politique ».

Le risque du parti de la victime

David Dickson, directeur du média britannique SciDev, s’inquiète pour sa part d’un autre biais, méconnu des scientifiques, et que les journalistes préfèrent passer sous silence : « la coalition d’intérêts » qui se dessine entre organisations non gouvernementales et journalistes. « Tous les deux courent après le sujet qui aura le plus grand impact, veulent avoir la nouvelle qui frappera l’imagination...

Greenpeace, Les Amis de la Terre, ont été des sources continues de nouvelles: ils savent trouver la bonne idée. Mais ces ONG ont elles aussi leurs intérêts, et les journalistes ont la responsabilité de s’en tenir loin. »

C’est que ces organisations veulent aussi ramasser de l’argent; et pour cela, ils ont tout intérêt à accroître la couverture journalistique de l’environnement, ils augmentent leur financement. Cela implique que les nouvelles qu’ils « créent » peuvent avoir un côté flamboyant, mais pas nécessairement méritant. Beaucoup de voyages de journalistes, à Bali l’an dernier ou à Montréal l’année d’avant, ont par ailleurs été payés par ces ONG, qui organisent aussi des bourses pour étudiants ou journalistes débutants.

La formule est indéniablement utile à notre époque où les médias sabrent dans leurs budgets, mais, note Dickson, « ça laisse un parfum de manipulation ».



Friday, 15 February 2008

QUAND QUÉBEC EXCELLE DANS LA RÉGRESSION

Une de nos lectrices nous a fait parvenir un article qui a paru dans le Devoir et qui décrit avec beaucoup de lucidité la grande incompétence qui inflige nos bureaucrates en ce qui a trait au milieu carcéral.

Nous sommes soulagés de voir que de plus en plus de gens de divers milieux décrient les absurdités dont nous sommes témoins au quotidien. Aussi, nous osons espérer que le gouvernement sera bientôt forcé de porter attention au côté réaliste des enjeux, au lieu de se plier aveuglement à la vision très étroite et uni factorielle de certains groupes de pression puissants et bruyants, qui proposent des solutions simplistes à des problèmes multi factoriels et complexes.

Le Devoir ÉTHIQUE ET RELIGION, lundi 11 février 2008, p. b6

Moins de cigarette, plus de prisons Quand Québec excelle dans la régression
Leclerc, Jean-Claude

Le Québec ne s'est jamais targué d'avoir le meilleur système carcéral au monde, et pour cause.

Les prisons, qui relèvent des autorités provinciales, comptent encore parmi les institutions oubliées de la Révolution tranquille. De rares efforts de modernisation ayant échoué dans le passé, pour les prisonniers comme pour les gardiens, rien ne semblait plus devoir changer. C'était sous-estimer la capacité de régression de la Sécurité publique.

Ce ministère, apprend-on, n'a pas trouvé d'autres moyens qu'un interdit pour y traiter le fléau du tabagisme, mais il dépensera plus d'un demi-milliard à bâtir quatre nouvelles prisons et à en rénover de vieilles. La première mesure plaira sans doute aux adeptes de la tolérance zéro, et la seconde réjouira les entrepreneurs et autres habitués des caisses électorales. Toutefois, il n'y a pas lieu d'applaudir.

La criminalité étant à la baisse au pays, notamment au Québec, on s'attendrait à voir diminuer le nombre des détenus. Or, au contraire, la population carcérale augmente. En mai, La Presse signalait que les prisons montréalaises débordent. Le mois suivant, un rapport confirme que les 16 établissements pour hommes avaient un taux d'occupation allant jusqu'à 116 %. Pareille situation, certes, est lamentable. Mais le Québec doit-il nécessairement enfermer autant de gens?

Cette «surpopulation» est attribuable à trois facteurs. D'abord, un tiers peut-être des détenus, souvent chroniques, ont des problèmes de santé mentale. On a fermé les anciens asiles psychiatriques, en effet, mais laissé à la rue nombre d'ex-patients. De nouveaux se sont ajoutés depuis. Et plusieurs se retrouvent en prison. Cet établissement ne leur donne pas les soins auxquels ils ont droit. On n'en fait pas grand débat, c'est pourtant un des pires scandales du système de santé.

Ensuite, bon nombre de gens y sont incarcérés même s'ils ne présentent pas un danger sérieux pour leur entourage ou la société. L'emprisonnement, croyait-on, ne servirait plus d'alternative aux amendes que maints infortunés sont incapables de payer. Vraiment? D'autres préféreraient, dit-on, passer quelques semaines à l'ombre, aux frais de l'État. En toute hypothèse, d'autres sanctions seraient préférables à la détention.

Enfin, maints prévenus en attente d'un procès sont aussi logés dans ces prisons. Les lenteurs de l'appareil judiciaire font encore que trop d'entre eux encombrent ainsi certains de ces établissements, réduisant d'autant le nombre de cellules disponibles pour les gens ayant à y purger une peine.

Bien sûr, de nouvelles prisons fourniraient des cellules supplémentaires pour loger tant les prisonniers que les simples prévenus. Mais les millions de dollars que l'on engouffrera dans leur construction, puis dans leur gestion, ne vont pas corriger ces politiques retardataires de santé et de justice qui envoient en détention des gens qui ne devraient pas y être.

(Bizarrement, le ministère voudrait aussi rouvrir la prison de Percé, fermée il y a une vingtaine d'années, et maintenant destinée, croit-on, à recevoir des délinquants sexuels. Les Gaspésiens ne seraient guère enchantés d'un tel projet. Les autres Québécois ne devraient pas l'être non plus. La déviance sexuelle est l'une des plus difficiles à corriger. Le système fédéral n'y parvient que fort peu. On se demande ce que Québec vient faire dans cette galère.)

Répression de la cigarette

Le public, il est vrai, souhaite des peines de prison sévères pour les criminels en complet-cravate qui volent les retraités et arnaquent les gens âgés. Si l'emprisonnement pouvait ramener plus de rigueur et d'intégrité dans les affaires, une prison ne serait pas de trop. En principe, les pénitenciers existent aussi pour ces criminels. Encore faudrait-il pouvoir compter ici sur un ministère plus compétent. Apparemment, la répression de la cigarette est plus urgente.

Ébranlé par les réactions du milieu à sa politique d'interdiction du tabac, le ministre, M. Jacques Dupuis, permettra aux détenus de fumer à l'extérieur. Mais une heure par jour ou même plus dans la cour de la prison n'allégera que bien peu la tension créée par l'interdit. Au contraire, la cigarette ayant un effet de calmant, l'interdit ajoutera au climat de nervosité collective qui règne dans certains centres.

Près de 80 % des prisonniers fument, souvent de façon intensive. Les détenus qui ne fument pas peuvent difficilement échapper à la fumée de cigarette. Il y a là un problème d'hygiène publique dont les autorités doivent se préoccuper. Mais le ministère n'a manifestement pas trouvé le programme qu'il importerait d'appliquer dans un tel milieu.

Au Canada, à compter de mai prochain, les pénitenciers fédéraux vont interdire l'usage du tabac. On y prévoit toutefois des groupes d'entraide pour les détenus et, à titre gratuit, des doses de nicotine sous forme de timbre ou de gomme, et même un médicament tel que le Zyban. Ce service s'ajoutera aux cours de formation et aux ateliers d'apprentissage professionnel. Ces détenus purgeant une peine de plus de deux ans, leur incarcération est mise à profit pour préparer leur réintégration sociale.

Rien de comparable n'existe dans les prisons québécoises. La plupart de leurs détenus y passent moins de trois mois, quitte à revenir de manière chronique. Et le Québec ne profite même pas de ces brefs séjours pour évaluer les besoins de santé, de formation ou d'intégration de cette population. Encore moins y réglera-t-on la dépendance au tabac en usant d'interdits.

Au contraire, même dans des conditions de liberté, la cigarette est un moyen de détente. Moyen très dangereux, mais quand même efficace. En contexte de détention, c'est un médicament vital. En sevrer d'autorité les détenus qui en sont profondément dépendants est une forme d'agression, agression plus grave encore que la fumée «secondaire» dont on veut préserver les codétenus et le personnel.

Le ministère entend offrir, comme dans les pénitenciers, des moyens de sevrage, mais il le fait aux frais des détenus, leur laissant l'embarras de se faire rembourser par l'assurance médicament. Ce programme, idéal pour des bureaucrates, ignore totalement la culture du milieu carcéral. Au reste, certains médicaments ou timbres à la nicotine sont peu efficaces. Et des personnes y sont réfractaires ou allergiques.

Les gardiens ont raison de craindre des problèmes de sécurité. Peut-être pas des émeutes, ni même de petites rébellions, comme celle qui est survenue à Orsainville, mais fort probablement des explosions de violence individuelle. (La Food and Drug Administration des États-Unis a diffusé, début février, un avis d'alerte à propos d'une pilule anti-tabac, le Champix, qui comporterait des risques de suicide, de dépression et de changement de comportement.)

S'il est un ministère qui devrait, autant que celui de la Santé, savoir ces choses-là, c'est bien celui de la Sécurité publique. Des gens émotivement perturbés commettent des crimes après avoir négligé de prendre leur médicament ou à cause d'une mauvaise médication. D'autres se retrouvent en cour, sinon en prison, pour avoir voulu soulager leur souffrance en prenant des drogues illicites.

Quand de tels problèmes impliquent directement un policier, un procureur ou un juge, les autorités font souvent preuve de compréhension. Avec raison. Pourquoi alors traiterait-on les problèmes des autres à coup de répression et n'aurait-on pour eux d'autre solution que l'incarcération?

Jean-Claude Leclerc enseigne le journalisme à l'Université de Montréal.

Si vous voulez réagir à cet article, vous pouvez faire parvenir vos lettres à: lettres@ledevoir.com

Lire aussi: LE GOUVERNEMENT RECULE...LES DÉTENUS POURRONT FUMER À L'EXTÉRIEUR

INTERDICTION DE FUMER DANS LES PRISONS

Thursday, 24 January 2008

N'ATTENDONS PAS QU'IL SOIT TROP TARD AVANT DE RÉAGIR

Nathalie Elgrably-Levy, fait une constatation très juste et lucide sur les excès des gouvernements dans nos vies, dans la chronique qui suit.

Nous partageons ses inquiétudes et nous souhaitons vivement que davantage de citoyens s’impliquent pour freiner ces tendances totalitaires dans les vies des citoyens. Cela a pris une proposition extrêmement envahissante dans la vie privée, pour que les citoyens de la Californie réagissent afin d'empêcher la réglementation de passer. Nous espérons que les lois canadiennes ne se rendront pas aussi loin avant que les citoyens se lèvent pour mettre une halte aux tactiques totalitaires de leurs propres élus provinciaux et fédéraux.

Comment réagir ? Appelez, écrivez, ou rendez-vous chez votre député pour faire valoir vos opinions. Écrivez aux médias et participez lors des lignes ouvertes. Ne vous dites surtout pas que quelqu'un d'autre le fera à votre place, car dites-vous que ceux qui militent pour les lois avec lesquelles vous n'êtes pas d'accord, le feront avec plaisir. Ils le font d'ailleurs assidument.

Espèce menacée
On entend souvent parler des espèces menacées. Leur vulnérabilité nous indigne, et leur extinction imminente nous révolte. Certains consacrent même leur vie à la préservation des espèces en danger. Pourtant, quelque chose de malheureux est en train de se produire sans que personne ne s'en soucie : il s'agit de l'érosion graduelle mais soutenue de nos libertés !

Tous les aspects de notre vie sont surveillés : on nous dit quoi acheter, quoi manger, quels moyens de déplacement privilégier, quel véhicule conduire, quelles chaînes de télé écouter, on nous impose même la couleur de la margarine. Bref, il y a toujours un fonctionnaire omniscient ou un groupe de pression moralisateur pour nous recommander ou pour nous imposer le " bon " comportement, comme si nous étions incapables de juger par nous-mêmes.

La dernière offensive en règle contre la liberté a été déclenchée par la California Energy Commission (CEC) alors qu'elle a proposé des modifications à sa politique énergétique. Par souci d'" efficacité " énergétique, elle propose que toute résidence qui sera construite ou rénovée soit équipée d'un thermostat contrôlable à distance. Et qui aurait le contrôle de ces nouveaux thermostats ? Le propriétaire de la résidence ? Pas uniquement ! Les thermostats seraient aussi contrôlés par... des organismes gouvernementaux !!!

Si la température d'une chaumière déplaît aux fonctionnaires, ils auraient le pouvoir de la modifier à leur guise. De plus, le thermostat serait conçu de telle sorte que l'occupant du logement ne puisse changer lui-même la température pendant les périodes où les fonctionnaires en prennent le contrôle. La CEC espère en plus faire avaler des couleuvres aux Californiens en affirmant qu'elle ne se servirait de ce nouveau pouvoir qu'en cas d'urgence.

Réduire la consommation d'énergie est un objectif honorable, mais faut-il pour autant abdiquer toute liberté au profit d'un État " bienveillant " ? Pourquoi permettre à des fonctionnaires de commander les thermostats alors qu'une simple hausse du prix de l'énergie suffit pour inciter les gens à réviser leurs habitudes de consommation ?

Heureusement, le projet de la CEC vient d'être abandonné à la suite des réactions négatives de la population ! Si un tel projet était accepté, personne ne pourrait dire ce dont l'État serait capable au nom de l'efficacité énergétique ou de toute autre bonne cause. Pourquoi ne contrôlerait-il pas les interrupteurs pour réguler la consommation d'électricité ? Et, tant qu'à faire, pourquoi n'éteindrait-il pas à distance toutes les télévisions à 22h afin que la population bénéficie d'une bonne nuit de sommeil, et réduise ainsi les coûts du système de santé ?

S'il est vrai qu'un cadre réglementaire est indispensable au bon fonctionnement d'une société, il est également exact d'affirmer qu'une réglementation excessive, opprimante et paternaliste devient une nuisance et une source de frustrations. Alors, comment expliquer que des individus raisonnables et rationnels acceptent volontiers une intrusion tentaculaire de l'État dans leur vie, et sacrifient toujours un peu plus leurs libertés ? Comment expliquer que des populations entières préfèrent la contrainte à la liberté, la dépendance à l'autonomie, la soumission à l'affranchissement ? Et surtout, comment se fait-il que l'élite intellectuelle, qui se prétend instruite et émancipée, non seulement accepte sans sourciller la multiplication des contraintes, mais en fasse également la promotion ?

Même si la proposition de la CEC a été rejetée, ce qui est le plus troublant est de savoir que des fonctionnaires ont sérieusement envisagé d'adopter une pareille mesure. À force de vouloir créer un paradis, ils finiront par nous faire vivre en enfer !