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Thursday, 15 May 2008

ON NE JUGE JAMAIS UNE POLITIQUE À SES INTENTIONS, MAIS À SES RÉSULTATS (NATHALIE ELGRABLY)

L’analyse (ici-bas) de l’économiste Nathalie Elgrably sur le commerce de cigarettes autochtone explique bien pourquoi que ces dernières ont baissées à un bas niveau record soit 6 00 $ la cartouche de 200 cigarettes dans les réserves amérindiennes. L’infaillible principe de l’offre et de la demande est très bien illustré dans son analyse.

Le seul élément qui manque dans ses explications, est celui de la nature humaine qui motive un bon nombre de fumeurs de réagir à la marginalisation, dé-normalisation et répression de la part de ceux qui prétendent le faire pour leur bien-être, en défiant l’autorité avec la seule arme qui leur reste: leur pouvoir d'achat. Aussi, nous sommes d’avis que même en baissant les taxes sur le tabac, à elle toute seule cette mesure ne réussira pas à déstabiliser le florissant commerce autochtone. Tant que les fumeurs seront bafoués et démonisés à même les revenus engendrés par leurs taxes, ils refuseront d’acheter des cigarettes légales et ainsi fournir des revenus substantiels aux gouvernements pour les réprimer davantage. La preuve? Il n'eut aucune augmentation de taxes depuis la loi anti-tabac et la ligne dure que les gouvernements ont adoptée envers les fumeurs, pourtant c'est précisément dans ces deux dernières années que la contrebande a connue sa plus forte augmentation.

Le temps est venu de revoir la façon que nos élus composent avec l’enjeu du tabac et de favoriser l’humanisme plutôt que la répression. Toute autre mesure ne sera malheureusement, une fois de plus, que temporaire.

(voir aussi LA CLEF DU PROBLÈME )

Canoë

La contrebande de cigarettes déferle encore dans les manchettes. On nous dit qu'il faut sévir pour enrayer ce fléau qui coûterait de 250 à 300 millions annuellement au Trésor québécois. Mario Dumont prône même une intervention policière musclée sur la réserve de Kahnawake afin de faire cesser ce genre de commerce.
On peut évidemment blâmer le manque de coopération des gardiens de la paix, l'inertie de Québec ou l'inaction de la GRC. Mais ce n'est pas en raison d'un contrôle déficient que la contrebande de cigarettes est devenue un commerce lucratif : c'est à cause des taxes élevées qui frappent les cigarettes légales ! Quand elles coûtent dix fois plus cher que les cigarettes " à plumes ", il est certain que les fumeurs les boudent et qu'ils cherchent des produits de remplacement. Tant que nos élus ne reconnaîtront pas que c'est la gourmandise du fisc qui cause la contrebande, le phénomène perdurera.

Le Québec a connu deux épisodes de contrebande de cigarettes : le premier en 1951, le second en 1993. On a alors compris que la façon la plus efficace, la plus pacifique et la moins coûteuse de " mettre en faillite " les contrebandiers consistait à réduire les taxes. C'est également le seul moyen de récupérer les recettes fiscales qui, aujourd'hui, s'envolent en fumée. Ce n'est pas ce que le Trésor québécois aime entendre, mais c'est la réalité.

Malgré tout, l'idée de réduire les taxes sur les cigarettes soulève l'indignation. La cigarette est nocive pour la santé, et le fait de taxer lourdement sa consommation serait un moyen de décourager le tabagisme, surtout chez les jeunes. L'intention est noble, sauf qu'on ne juge jamais une politique à ses intentions, mais à ses résultats !

EFFET PERVERS

Or, les taxes donnent un avantage aux cigarettes " à plumes " et incitent les fumeurs à se ravitailler sur les réserves. La hausse de la demande pour les produits de contrebande rend cette activité plus lucrative et un plus grand nombre de Mohawks sont attirés par le commerce de cigarettes de contrebande. Et comme ils sont plus nombreux à se faire concurrence, le prix de leurs cigarettes diminue, si bien qu'une cartouche n'a jamais été si bon marché : en effet, aujourd'hui, on peut se procurer 200 cigarettes pour 6 $, alors qu'il aurait fallu débourser 22 $ il y a un an.

Le paradoxe est donc flagrant. Les taxes énormes qui visent à enrayer le tabagisme occasionnent une baisse importante du prix des produits de contrebande, lesquels sont réputés être beaucoup plus toxiques que ceux vendus légalement. Par conséquent, si les cigarettes étaient moins taxées, les cartouches à 6 $ n'existeraient pas, les jeunes auraient plus de difficultés à financer leur consommation, et on leur éviterait de tomber dans le piège de la nicotine.

On entend souvent qu'il serait immoral de réduire les taxes. Mais est-il moral d'inciter les fumeurs à se rabattre sur des produits toxiques parce qu'ils sont bon marché ? De toute manière, on peut s'attendre à ce que les taxes soient révisées à la baisse. Non pas par égard pour la santé des fumeurs, mais par souci de la santé des finances publiques : les accros de la nicotine constituent une source de revenus bien trop importante pour que l'État l'abandonne aux Mohawks.

Thursday, 24 January 2008

N'ATTENDONS PAS QU'IL SOIT TROP TARD AVANT DE RÉAGIR

Nathalie Elgrably-Levy, fait une constatation très juste et lucide sur les excès des gouvernements dans nos vies, dans la chronique qui suit.

Nous partageons ses inquiétudes et nous souhaitons vivement que davantage de citoyens s’impliquent pour freiner ces tendances totalitaires dans les vies des citoyens. Cela a pris une proposition extrêmement envahissante dans la vie privée, pour que les citoyens de la Californie réagissent afin d'empêcher la réglementation de passer. Nous espérons que les lois canadiennes ne se rendront pas aussi loin avant que les citoyens se lèvent pour mettre une halte aux tactiques totalitaires de leurs propres élus provinciaux et fédéraux.

Comment réagir ? Appelez, écrivez, ou rendez-vous chez votre député pour faire valoir vos opinions. Écrivez aux médias et participez lors des lignes ouvertes. Ne vous dites surtout pas que quelqu'un d'autre le fera à votre place, car dites-vous que ceux qui militent pour les lois avec lesquelles vous n'êtes pas d'accord, le feront avec plaisir. Ils le font d'ailleurs assidument.

Espèce menacée
On entend souvent parler des espèces menacées. Leur vulnérabilité nous indigne, et leur extinction imminente nous révolte. Certains consacrent même leur vie à la préservation des espèces en danger. Pourtant, quelque chose de malheureux est en train de se produire sans que personne ne s'en soucie : il s'agit de l'érosion graduelle mais soutenue de nos libertés !

Tous les aspects de notre vie sont surveillés : on nous dit quoi acheter, quoi manger, quels moyens de déplacement privilégier, quel véhicule conduire, quelles chaînes de télé écouter, on nous impose même la couleur de la margarine. Bref, il y a toujours un fonctionnaire omniscient ou un groupe de pression moralisateur pour nous recommander ou pour nous imposer le " bon " comportement, comme si nous étions incapables de juger par nous-mêmes.

La dernière offensive en règle contre la liberté a été déclenchée par la California Energy Commission (CEC) alors qu'elle a proposé des modifications à sa politique énergétique. Par souci d'" efficacité " énergétique, elle propose que toute résidence qui sera construite ou rénovée soit équipée d'un thermostat contrôlable à distance. Et qui aurait le contrôle de ces nouveaux thermostats ? Le propriétaire de la résidence ? Pas uniquement ! Les thermostats seraient aussi contrôlés par... des organismes gouvernementaux !!!

Si la température d'une chaumière déplaît aux fonctionnaires, ils auraient le pouvoir de la modifier à leur guise. De plus, le thermostat serait conçu de telle sorte que l'occupant du logement ne puisse changer lui-même la température pendant les périodes où les fonctionnaires en prennent le contrôle. La CEC espère en plus faire avaler des couleuvres aux Californiens en affirmant qu'elle ne se servirait de ce nouveau pouvoir qu'en cas d'urgence.

Réduire la consommation d'énergie est un objectif honorable, mais faut-il pour autant abdiquer toute liberté au profit d'un État " bienveillant " ? Pourquoi permettre à des fonctionnaires de commander les thermostats alors qu'une simple hausse du prix de l'énergie suffit pour inciter les gens à réviser leurs habitudes de consommation ?

Heureusement, le projet de la CEC vient d'être abandonné à la suite des réactions négatives de la population ! Si un tel projet était accepté, personne ne pourrait dire ce dont l'État serait capable au nom de l'efficacité énergétique ou de toute autre bonne cause. Pourquoi ne contrôlerait-il pas les interrupteurs pour réguler la consommation d'électricité ? Et, tant qu'à faire, pourquoi n'éteindrait-il pas à distance toutes les télévisions à 22h afin que la population bénéficie d'une bonne nuit de sommeil, et réduise ainsi les coûts du système de santé ?

S'il est vrai qu'un cadre réglementaire est indispensable au bon fonctionnement d'une société, il est également exact d'affirmer qu'une réglementation excessive, opprimante et paternaliste devient une nuisance et une source de frustrations. Alors, comment expliquer que des individus raisonnables et rationnels acceptent volontiers une intrusion tentaculaire de l'État dans leur vie, et sacrifient toujours un peu plus leurs libertés ? Comment expliquer que des populations entières préfèrent la contrainte à la liberté, la dépendance à l'autonomie, la soumission à l'affranchissement ? Et surtout, comment se fait-il que l'élite intellectuelle, qui se prétend instruite et émancipée, non seulement accepte sans sourciller la multiplication des contraintes, mais en fasse également la promotion ?

Même si la proposition de la CEC a été rejetée, ce qui est le plus troublant est de savoir que des fonctionnaires ont sérieusement envisagé d'adopter une pareille mesure. À force de vouloir créer un paradis, ils finiront par nous faire vivre en enfer !