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Saturday, 16 February 2008

OBÉSITÉ MORBIDE - UNE QUESTION D'ATTITUDE

Merci à Marie-Desneiges pour la contribution ci après :

Le soleil ainsi que cyberpresse publient ce jour un article de madame Claudette Samson intitulé
Obésité morbide – une question d’attitude.

Elle explique que les délais pour obtenir une chirurgie bariatrique ne sont pas raisonnables, selon un rapport préparé pour le gouvernement du Québec (préparé par qui ? elle ne le dit pas). Elle relève l’attitude des soignants envers les obèses dits morbides. D’entrée de jeu, elle présente la chirurgie bariatrique comme le seul traitement efficace reconnu pour contrer l’obésité morbide. Pourtant, est-ce bien une solution judicieuse ?

Je l’ai cru, puisque j’ai subi une chirurgie bariatrique (anneau gastrique) fin 2006. Cela me semblait, conceptuellement, la solution à mon problème. En effet, souffrant d’obésité dite morbide, cette intervention réduisant l’appétit et permettant de retrouver les signaux de faim et de satiété m’a séduite. L’intervention eut lieue en centre hospitalier universitaire, mais financièrement assumée par moi. Le prix demandé pour cette intervention : une petite dizaine de milliers de dollars.

Cet investissement ne me semblait pas prohibitif, compte tenu de la souffrance alors vécue. Les objectifs que je visais étaient d’améliorer ma mobilité, de ne plus être } visiblement différente~ et, peut-être, d’avoir plus de chance de rencontrer un compagnon de vie. Bref, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que je me rendis à l’hôpital, quelques jours avant Noël, pour 48 heures. Un mois de convalescence prévu, le temps de commencer à changer mes habitudes.

Je vous le répète : conceptuellement, tout est parfait. Une nouvelle vie s’ouvre enfin à moi.

Cependant, dans les faits, cette intervention dérape: perforation du foie, péritonite, arrêt cardio-respiratoire, pneumonie, plusieurs semaines d’intubation, infections, cinq interventions chirurgicales incluant une intervention pour retirer l’anneau ainsi qu’une impossibilité de me lever, de marcher lorsque je repris conscience, plusieurs semaines ne m’ayant laissé aucun souvenir. Hospitalisation de 8 mois. Convalescence additionnelle de 5 mois.

Sans oublier les nausées et vomissements, encore présents. De plus, une telle expérience laisse des traces, au sens propre comme au sens figuré.

Bref, ma vie a changé. Mais, pas tel que prévu.

Bien sûr, j’ai perdu une petite centaine de livres. J’ai cessé de fumer sans m’en apercevoir. Mais je claudique encore, je manque d’énergie et j’ai des nausées.

La chirurgie bariatrique, dans cet article du journal le soleil, est présentée comme le seul traitement efficace reconnu contre l’obésité morbide. Elle est, indiscutablement, très à la mode - peut-être comme le fut à une certaine époque le régime à 500 calories par jour accompagné des protéines liquides vendues par le docteur dans sa clinique spécialisée.

Pourquoi ? Parce que les grosses personnes ont besoin d’une solution pour apaiser leurs souffrances. Parce que les grosses personnes ne sont généralement pas les goinfres qu’on aimerait qu’elles soient. Parce que cela est plus rassurant de se dire que manger moins et faire plus d’exercices est la recette pour ne pas devenir ou rester une grosse personne, mais que la multiplicité des régimes a fait disparaître les signaux de faim et de satiété chez ces grosses personnes.

Force est de constater que la chirurgie bariatrique n’est pas une panacée. Comme les causes de l’obésité sont multiples, les solutions ne sont-elles pas aussi multiples ?

Même si on prétend que la chirurgie bariatrique est le seul traitement efficace reconnu, se pourrait-il que nous ne savons pas encore ? Se pourrait-il que la chirurgie bariatrique soit un traitement efficace pour certaines personnes seulement ? D’autre part, le volet économique n’est pas à négliger : c’est payant pour quelqu’un tout cela. Et ce n’est pas au bénéfice de la grosse personne.

Le personnel soignant, quant à lui, n’est pas différent de la société en général. L’adipophobie n’est pas une vue de l’esprit. En préparation pour l’intervention, j’ai dû aller rencontrer des professionnels à l’hôpital. À titre d’exemple, le brassard pour prendre la tension artérielle était one size fits all. Rappelons que nous parlons de tests préopératoires pour une chirurgie bariatrique à une patiente affublée du titre } obèse morbide ~. Dans le département de la chirurgie bariatrique, les chaises et fauteuils ne sont pas adaptés. Quant aux lits, je passe. De nombreuses pages seraient nécessaires pour faire le tour du problème des équipements.

Est-ce que je regrette cette intervention ? Certains jours. Bien que, comme le fait dire Géluck à son chat : } Chez les gros, il y a plus de place pour la beauté intérieure que chez les autres ~. maudit !

Lisez l'article Obésité morbide - la chirurgie trop peu accessible

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