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Saturday, 24 October 2009

INTERDICTION DE FUMER DANS LES PÉNITENCIERS LEVÉE PAR LA COUR FÉDÉRALE


La cour fédérale a renversé l’interdiction de fumer à l’extérieur des pénitenciers en statuant que les détenus ne devraient pas être soumis à des interdictions qui n’ont aucun lien avec leurs crimes et que de leur interdire de fumer dans la cour des prisons va trop loin surtout que ceci n’a aucune incidence sur la santé des non-fumeurs.

En voici une décision sage du juge qui présidait la cause soumise par des détenus représentés par nul autre que le constitutionaliste notoire Me Julius Grey.


Cette décision est plus que la bienvenue dans un contexte où fumer est considéré presqu’un crime en soi. Il est cependant triste de constater que dans notre système judiciaire c’est seulement ceux qui ont les moyens de se payer des avocats du calibre de Me Grey qui réussissent à trouver justice. Peut-on espérer que cette décision créera une jurisprudence pour les malades, les psychiatrisés, les personnes âgées, qui, selon la province, certains n’ont pas le droit de fumer nulle part sur le territoire des établissements publics qui les hébergent.

Nous félicitons Me Grey et les détenus qu’il représentait pour leur victoire et espérons de tout cœur que cette décision servira aux membres les plus vulnérables de la société qui n’ont pas d’autre choix que de cesser de fumer ou d’être forcés à consommer des produits pharmaceutiques tel que le Chantix/Champix, le Zyban ou les produits nicotiniques pharmaceutiques.

Les détenus peuvent fumer, tranche la Cour fédérale

Monday, 28 April 2008

MÊME JOUR AUTRE DISCOURS

Même jour, autre discours sur l’ingérence du gouvernement dans notre vie privée. Inutile de souligner que nous sommes tout à fait d’accord avec l’opinion de Me Julius Grey qui est en contradiction totale avec l’opinion de M. Benoît Dupont que nous avons commenté plus tôt.

Une démocratie totalitaire

Depuis quelques mois, l'offensive de notre société contre les libertés fondamentales prend de l'ampleur. Tant la droite que la gauche y participent avec enthousiasme.

Nous savons tous que nos gouvernements ne cessent de renforcer le droit criminel, d'augmenter les pénalités, de créer des lois d'exception pour combattre un terrorisme en grande partie fictif et faciliter la surveillance et l'invasion de la vie privée.

Ces dernières semaines, le gouvernement fédéral a proposé de restreindre la liberté artistique des réalisateurs et de donner au ministre de l'Immigration des pouvoirs absolus. Le gouvernement du Québec a annoncé une collaboration entre notre police et celle de New York qui facilitera le partage des renseignements, et même des soupçons.

VIE PRIVÉE

Beaucoup ignorent qu'en même temps, la soi-disant « gauche » des lobbys, chacun muni d'un agenda particulier et de sa propre version de rectitude politique, est en train de porter des coups tout aussi cinglants à la liberté et à la vie privée.

La Cour du Québec vient de confirmer la validité d'une clause dans un bail qui interdit à un locataire de fumer chez lui. Si le tabagisme n'est pas à recommander, il n'est pas pour autant illégal. Notre législation a déjà voulu assurer à un locataire les mêmes droits et presque la même sécurité que ceux du propriétaire.

Ce principe jadis si évident sombre devant notre hystérie anti-tabagisme. Il n'est pas trop tard pour contester cette décision devant la Cour supérieure, mais pour l'instant, c'est un coup dur pour la vie privée.

QUESTION DE LANGUES

Les préoccupations légitimes pour l'avenir du français ont inspiré des demandes visant à empêcher les immigrants d'utiliser l'anglais, surtout dans les communications avec les institutions publiques. A-t-on oublié les notions d'égalité des citoyens et de liberté de s'exprimer comme on veut ?

Nous pouvons certes restreindre l'accès à l'école anglaise et exiger un meilleur enseignement du français, mais la situation incertaine du français ne justifie ni les incursions dans la vie privée, ni la création de catégories de citoyens.

TABOUS ET RELIGIONS

Notre société continue de réprimer les paroles qui paraissent blessantes ou haineuses, sans comprendre la nature étouffante de ce type de législation et le danger que des choses importantes mais impopulaires deviennent difficiles à exprimer.

On vient de rendre public le contenu des cours d'éthique et de culture religieuse pour nos écoles. Hélas, ce cours est un autre exemple de rectitude politique et de répression de la pensée indépendante.

Notre peur d'offenser nous empêche de discuter des sectes. De plus, on ne parle qu'en bien de toutes les religions et on omet de mentionner l'athéisme ou la morale sans religion comme alternatives légitimes.

Pourtant, l'humanisme laïc et le rejet de toute religion sont des éléments très importants dans la tradition occidentale.

Chacun de ces accrocs à la liberté est plutôt mineur. Toutefois, ensemble, ils présagent une société qui garde les formes d'une démocratie mais impose un conformisme rigoureux.

Une société où le concept douteux de « droit collectif » non seulement remplace la solidarité entre individus, qui était à la base de grandes réformes sociales au 20e siècle, mais obtient une préséance sur les libertés individuelles.
Bref, une démocratie totalitaire.

Tuesday, 22 April 2008

LA DÉLATION, DEVOIR DE CITOYEN OU MESQUINERIE ?

Du site L’Encyclopédie de l’agora

"C'était une des vilaines choses de l’admirable civilisation romaine impériale, que la dénonciation y fût admise florissante et fructueuse. L’empereur, c’est-à-dire l’État, bénéficiait de la fortune du malheureux convaincu du crime vague de lèse-majesté, mais le dénonciateur en recevait une partie. Ni son acte ni ses profits ne disqualifiaient le delator, car il était hypocritement convenu qu’il n’avait parlé que pour le bien public." (Remy de Gourmont, «Le dénonciateur», Épilogues. [Première série]. 1895-1898. Réflexions sur la vie)

Nous vivons dans un contexte tellement réglementé, que nul besoin de chercher trop loin pour trouver quelqu’un qui enfreint une loi ou une autre, mais, comme Me Julius Grey nous le signale, les délateurs n’ont jamais jouis d’une réputation enviable. Pourtant nos gouvernements qui se servent de nous comme policiers à rabais, nous encouragent dans cette voie. Cependant le prix de la méfiance entre citoyens, est un prix trop cher à payer pour une société qui a tout intérêt d’évoluer dans l’harmonie et la paix sociale.

Si les délits de nos concitoyens nous heurtent vraiment, ne vaudrait-il pas mieux d’avoir le courage d’en discuter avec eux au lieu de moucharder lâchement à papa gouvernement ? Il va naturellement sans dire, que nous sommes tout à fait d’accord que certains délits graves, qui mettent en danger la vie d’une tierce personne ou un mineur, doivent être dénoncés sans aucune hésitation.


La chronique de Julius Grey du Journal de Montréal
La délation moderne

La dénonciation n'a jamais jouie d'une bonne renommée. «Délateur», «cafard», «mouchard», «mouton» sont des injures lancées à travers les siècles à ceux qui trahissaient leurs amis ou leurs voisins.

Pourtant, notre société encourage souvent la délation. Les ordres professionnels, les institutions gouvernementales, l'immigration, la police nous conseillent de dénoncer. Loin d'être traité de déshonorable comme jadis, celui qui se plaint peut acquérir le statut prisé de «victime» contre qui on ne peut plus rien dire.

Il faut ajouter que plusieurs lois rendent la délation obligatoire et que, parfois, on mobilise même l'avocat contre son client et le médecin contre son patient. La réaction excessive à l'attentat du 11 septembre 2001 a fait disparaître beaucoup de réticences traditionnelles. En conséquence, on dénonce allégrement.

Certains ont essayé de justifier la délation moderne par un argument «démocratique». Selon eux, la dénonciation au profit des tyrans ou des rois absolus était effectivement honteuse, surtout en matière d'opinion politique. Mais, disent-ils, cela ne tient plus dans une démocratie où les lois sont légitimes; les opinions politiques ne peuvent être réprimées, et chaque citoyen doit défendre la liberté.

Cette distinction est trompeuse. Tous les régimes dans l'histoire condamnaient ceux qui avaient collaboré avec leurs prédécesseurs déchus tout en encourageant le mouchardage pour maintenir le bonheur qu'ils apportent. De plus, il est téméraire d'affirmer qu'une démocratie ne réprime jamais les opinions impopulaires ou que toutes les lois adoptées par elle sont justes.

Dans tous les systèmes, l'observance pointilleuse des lois est aussi épeurante que la non-observance généralisée. Il faut porter un jugement moral sur chaque cas. Le délateur n'en porte normalement aucun. Il participe d'une application aveugle des règles.

PERSONNE N'EST À L'ABRI

Notre société présente des opportunités particulièrement inquiétantes pour la délation. Le nombre de lois et de prohibitions est en pleine ébullition et, en conséquence, personne n'est à l'abri de mauvaises langues. De plus, Internet facilite la compilation de renseignements sur chacun. La dénonciation quotidienne pourrait bientôt créer une atmosphère de peur dans une société nominalement démocratique.

Il faut admettre que beaucoup de citoyens aiment dénoncer. Non seulement dénoncent-ils les actes criminels sérieux, mais encore ils sont souvent enthousiastes à se plaindre contre les professionnels ou à livrer des «illégaux» à l'immigration. Certains poussent leur plaisir jusqu'à informer les époux trompés des incartades de leur tendre moitié. Souvent, ces délateurs sont hypocrites et aussi coupables que ceux qu'ils livrent à la justice. Typiquement, ils sont motivés par une jalousie mesquine plutôt qu'un idéalisme quelconque.

Il n'est pas simple de trouver une bonne façon de décourager la délation. D'abord, nous ne pouvons pas promouvoir le crime ou l'anarchie, donc il faut dénoncer ceux qui sont dangereux. Par contre, surtout en matière d'immigration, de fiscalité ou de vie privée, la délation devrait garder sa mauvaise réputation et le délateur, le mépris qu'il mérite et qui risque de le freiner. Il faut particulièrement condamner et ignorer la dénonciation anonyme, qui permet au mouchard d'éviter ces désagréments.

L'éducation des jeunes est très importante. Tous les parents ainsi que les écoles doivent inculquer un sens de l'honneur qui est normalement incompatible avec la dénonciation. Souvent, on a l'impression que l'honneur et la honte sont des sentiments en voie de disparition. Leur résurrection irait loin pour nous protéger contre un monde de mouchardage, de méfiance et de peur.


Tuesday, 11 March 2008

LA LIBERTÉ D'EXPRESSION EN DANGER

La chronique de Me Julius Grey de cette semaine dans le Journal de Montréal, expose la fragilité de la liberté d’expression si chère aux citoyens des pays démocratiques. Le constitutionnaliste notoire nous illustre comment que divers lobbys sont arrivés à déloger la liberté d’expression de la place de choix qui lui revenait dans la charte des droits et libertés, pour la remplacer par divers autres droits des minorités ou même majorités au nom de l’idéologie politique dominante et la rectitude politique.

À quoi sert le droit à la liberté d’expression, lorsque non seulement il nous est de plus en plus défendu de s’exprimer librement sur plusieurs enjeux importants, mais que même lorsqu’on nous le permet, on fait fi de nos opinions et appels ?

La liberté d'expression

Acclamée par tout le monde, la liberté d'expression est néanmoins la plus fragile des garanties constitutionnelles. Depuis quelques semaines, les Canadiens ont eu plusieurs rappels de cette réalité.

Le gouvernement conservateur a annoncé qu'il n'entend plus subventionner les films «contraires à l'ordre public». On veut éliminer le financement des films à thématique sexuelle ou bien ceux où les jeunes consomment des narcotiques ou de l'alcool. Évidemment, contraire à «l'ordre public» peut aussi vouloir dire contraire à l'idéologie politique dominante ou aux valeurs établies. Bref, il s'agit d'une expression ambiguë qui se prête à un grand degré de censure.

Le gouvernement dira avec raison qu'il n'entend rien prohiber. Il veut simplement gérer ses fonds selon ses velléités. Formellement inattaquable, cet argument se heurte à la réalité qu'il est impossible de tourner des films sans la subvention. Les nouvelles directives sont donc aussi efficaces qu'une prohibition.

Un autre accroc à la liberté d'expression vient d'être dénoncé au Canada anglais. Il s'agit de la censure pratiquée par les commissions des droits de la personne. Entre leurs mains, la gentillesse et le respect d'autrui deviennent des instruments de répression et on n'a plus le droit de publier une critique cinglante ou blessante d'un groupe ou d'une religion. La diversité et la tolérance sont des dogmes saccharines mais inexorables dont l'inobservance est sévèrement punie.

Souvent, les restrictions à la liberté d'expression sont défendues par un appel au bon sens. Est-il nécessaire pour nos impôts de financer la pornographie ou de payer pour que l'on glorifie des comportements inacceptables chez les jeunes? Est-il souhaitable de donner une tribune à la haine ou au mépris? D'apparences raisonnables, ces invocations du bon sens sont particulièrement pernicieuses.

La liberté d'expression n'est nécessaire que lorsque les propos contestés sont controversés ou impopulaires. Même les pires dictateurs n'empêchent pas l'expression des platitudes conventionnelles. Le véritable défi est de tolérer l'expression qui répugne à la majorité ou qui est contraire aux valeurs fondamentales du moment.

Après deux siècles de censure, les Français ont réalisé récemment que le Marquis de Sade était un des grands auteurs français. Flaubert, Joyce, Lawrence et Genet ont tous été victimes de censure. On ne pouvait parler clairement de l'amour homosexuel jusqu'en 1980. Prendre pour acquis que les normes de notre époque sont les bonnes, contredit un des buts principaux de la liberté d'expression, qui est de faciliter le changement et l'évolution des valeurs.

L'INFLUENCE DES LOBBYS

La liberté d'expression est particulièrement affaiblie par l'influence des «lobbys». Pendant que nous nous targuons collectivement de la nature libre et démocratique de notre pays, chacun des lobbys ethniques, religieux et parfois politiques se bat pour proscrire l'opposition à ses buts. Ce sont les lobbys qui nous ont amené à accepter la malencontreuse loi sur la propagande haineuse. Ce sont encore des lobbys qui exigent sans fondement logique que l'égalité des hommes et des femmes ait un statut plus exalté que la liberté d'expression dans le panthéon des droits. La réaction à la proposition de censure des films illustre la puissance des lobbys. La majorité des commentateurs ont condamné la nouvelle initiative. Cependant, la droite chrétienne l'a immédiatement encensée comme mesure pour protéger les enfants.

Les gouvernements sont naturellement sensibles aux demandes des lobbys qui peuvent influencer les élections. Il s'ensuit que ceux qui tiennent à la liberté d'expression et qui apprécient son importance doivent aussi agir ensemble pour la protéger. Tant et aussi longtemps qu'il n'y a pas de défense rigoureuse, cette liberté perdra toujours ses affrontements avec les intérêts puissants et déterminés.