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Friday, 9 November 2007

L'ANOREXIE FRAPPE DE PLUS EN PLUS TÔT

À force d’inculquer aux enfants la peur d’être gros, on crée des problèmes qui mettent leur vie même en danger et ce, de plus en plus jeunes. Avec des telles nouvelles, est-ce encore responsable de prétendre que la Santé Publique doit combattre l’obésité par une campagne insistante et omniprésente qui vise à changer les habitudes alimentaires des jeunes par le marketing social?

Hier seulement on lisait dans les journaux un article qui nous faisait part des recommandations d’une spécialiste en publicité, Claude L. Pecheux, professeure associée aux Facultés universitaires catholiques de Mons, en Belgique, en passage à Montréal et on cite : « Les travaux de cette dernière indiquent qu’une campagne publicitaire axée sur la peur aurait le plus d’impact sur les intentions de comportements sains des enfants. Pourquoi? Ils ont tout simplement peur d’être gros, un état qu’ils associent à un manque d’esthétisme et au rejet. Au contraire, la perspective de tomber malade ou d’être en mauvaise forme physique leur importe peu. »

On se demande si Mme. Pécheux avait un enfant aux prises avec des troubles alimentaires tel que l’anoréxie ou la boulimie, si elle soutiendrait quand même ses recommandations pour une campagne axée sur la peur du rejet ! Aberrant !

Article du Soleil :

L'anorexie frappe de plus en plus tôt

L’anorexie frappe de plus en plus tôt. Habituées à voir poindre des jeunes filles de 12 ou 13 ans avec un diagnostic en poche, les intervenantes de la Maison l’Éclaircie en voient de plus en plus qui n’ont que huit ou neuf ans. Un paradoxe, à l’heure où l’obésité infantile fait de plus en plus la manchette.

L’Éclaircie est la seule ressource communautaire de Québec qui accueille les personnes souffrant d’anorexie ou de boulimie. Elle fête aujourd’hui son 10e anniversaire. Hier, elle recevait des groupes d’adolescents pour les sensibiliser à ce trouble mental. En ateliers, les jeunes étaient amenés à «vivre» le quotidien d’une personne anorexique.

Au moment de la visite du Soleil, une douzaine de jeunes de l’école Jean-de-Brébeuf, dont un seul garçon, se mettaient pendant une heure dans la peau d’une personne ayant réellement fréquenté l’Éclaircie. De la mère de famille qui ne se permet qu’une pomme et 10 raisins pour dîner au boulimique qui engloutit des masses de nourriture avant de se faire vomir, en passant par la jeune adolescente qui se trouve grosse avec ses 50 kilos, toutes ces personnes ont en commun de vivre une intense souffrance, soulignait la coordonnatrice Marlène Duchesne.

Une souffrance qui, lorsque l’anorexie produit ses ravages, n’est plus seulement psychologique, mais aussi physique. Et qui ne s’arrête jamais. Toujours, «la petite voix du dictateur» est là, qui répète inlassablement «T’es grosse, t’es laide, t’es pas capable, tu vaux rien».

L’écoute d’une cassette a fait sursauter bien des participantes, hier, étonnées de voir à quel point l’autodépréciation des personnes anorexiques ou boulimiques est intense et constante.

Et lorsqu’une fille pesant 70 livres se trouve grosse, il ne sert à rien de la contredire, notait Mme Duchesne. Aussi fausse soit sa perception, c’est ainsi qu’elle se voit. Tant que la personne touchée ne vit pas les conséquences de ses comportements alimentaires, il y a peu de chances qu’elle reconnaisse son problème.

L’infirmière scolaire Carole Dion, qui a initié la participation des élèves de Jean-de-Brébeuf, témoignait d’ailleurs de cette difficulté à «ouvrir les yeux» de celles qui ne veulent pas voir.

Des mythes

La nutritionniste Julie Fortier a pour sa part déboulonné un certain nombre de mythes entretenus par les anorexiques et les boulimiques, tel l’impact des laxatifs ou du vomissement provoqué pour maigrir. Ni l’un ni l’autre de ces moyens n’a vraiment cet effet, mais il en a par contre beaucoup sur la santé, expliquait-elle, et c’est de ces troubles que résulte l’amaigrissement.

L’Éclaircie travaille avec des personnes présentant un trouble alimentaire avancé, mais aussi en prévention, avec ceux ou celles qui commencent à adopter des comportements problématiques. La Maison, située route de l’Église à Québec, offre des ateliers de motivation, d’estime de soi, d’information, des groupes pour les parents, des cafés-rencontres, de même que de l’hébergement de fin de semaine.

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