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Monday, 28 April 2008

MÊME JOUR AUTRE DISCOURS

Même jour, autre discours sur l’ingérence du gouvernement dans notre vie privée. Inutile de souligner que nous sommes tout à fait d’accord avec l’opinion de Me Julius Grey qui est en contradiction totale avec l’opinion de M. Benoît Dupont que nous avons commenté plus tôt.

Une démocratie totalitaire

Depuis quelques mois, l'offensive de notre société contre les libertés fondamentales prend de l'ampleur. Tant la droite que la gauche y participent avec enthousiasme.

Nous savons tous que nos gouvernements ne cessent de renforcer le droit criminel, d'augmenter les pénalités, de créer des lois d'exception pour combattre un terrorisme en grande partie fictif et faciliter la surveillance et l'invasion de la vie privée.

Ces dernières semaines, le gouvernement fédéral a proposé de restreindre la liberté artistique des réalisateurs et de donner au ministre de l'Immigration des pouvoirs absolus. Le gouvernement du Québec a annoncé une collaboration entre notre police et celle de New York qui facilitera le partage des renseignements, et même des soupçons.

VIE PRIVÉE

Beaucoup ignorent qu'en même temps, la soi-disant « gauche » des lobbys, chacun muni d'un agenda particulier et de sa propre version de rectitude politique, est en train de porter des coups tout aussi cinglants à la liberté et à la vie privée.

La Cour du Québec vient de confirmer la validité d'une clause dans un bail qui interdit à un locataire de fumer chez lui. Si le tabagisme n'est pas à recommander, il n'est pas pour autant illégal. Notre législation a déjà voulu assurer à un locataire les mêmes droits et presque la même sécurité que ceux du propriétaire.

Ce principe jadis si évident sombre devant notre hystérie anti-tabagisme. Il n'est pas trop tard pour contester cette décision devant la Cour supérieure, mais pour l'instant, c'est un coup dur pour la vie privée.

QUESTION DE LANGUES

Les préoccupations légitimes pour l'avenir du français ont inspiré des demandes visant à empêcher les immigrants d'utiliser l'anglais, surtout dans les communications avec les institutions publiques. A-t-on oublié les notions d'égalité des citoyens et de liberté de s'exprimer comme on veut ?

Nous pouvons certes restreindre l'accès à l'école anglaise et exiger un meilleur enseignement du français, mais la situation incertaine du français ne justifie ni les incursions dans la vie privée, ni la création de catégories de citoyens.

TABOUS ET RELIGIONS

Notre société continue de réprimer les paroles qui paraissent blessantes ou haineuses, sans comprendre la nature étouffante de ce type de législation et le danger que des choses importantes mais impopulaires deviennent difficiles à exprimer.

On vient de rendre public le contenu des cours d'éthique et de culture religieuse pour nos écoles. Hélas, ce cours est un autre exemple de rectitude politique et de répression de la pensée indépendante.

Notre peur d'offenser nous empêche de discuter des sectes. De plus, on ne parle qu'en bien de toutes les religions et on omet de mentionner l'athéisme ou la morale sans religion comme alternatives légitimes.

Pourtant, l'humanisme laïc et le rejet de toute religion sont des éléments très importants dans la tradition occidentale.

Chacun de ces accrocs à la liberté est plutôt mineur. Toutefois, ensemble, ils présagent une société qui garde les formes d'une démocratie mais impose un conformisme rigoureux.

Une société où le concept douteux de « droit collectif » non seulement remplace la solidarité entre individus, qui était à la base de grandes réformes sociales au 20e siècle, mais obtient une préséance sur les libertés individuelles.
Bref, une démocratie totalitaire.

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