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Wednesday, 19 December 2007

NON AU TAUX D'ALCOOLÉMIE DE 0,05

Tel que nous l’avons exprimé dans nos commentaires du 18 novembre il y a certaines dispositions du projet de loi 42 avec lesquelles nous n’étions pas d’accord. Une de celles-là était la baisse du taux d’alcoolémie permissible à 0,05. Nous sommes donc heureux de constater que grâce aux partis de l’opposition et en particulier au député adéquiste de Blainville, Pierre Gingras, cette disposition du projet de loi n’ira pas de l’avant.

Nous nous permettons un commentaire en réponse à celui de la Ministre Boulet à l’effet que parmi les deux personnes qui mouraient quotidiennement au Québec sur la route, il y en avait qui avaient un taux d’alcoolémie entre 0,05 et 0,08 : L’affirmation de Mme Boulet est tout à fait gratuite. Il y en a aussi parmi ces personnes, qui ont 0 d’alcoolémie. Rien ne prouve que ce sont des taux d’alcoolémie aussi bas que 0,05 – 0,08 qui sont la cause de ce nombre d’accidents auxquels elle fait référence et que ces accidents n’auront pas lieu si ces personnes ont 0 ou 0,04 d'alcool dans le sang.

Pour ce qu’il est des autres dispositions du projet de loi.

Nous espérons sincèrement que l’adoption de photos radar n’ouvrira pas la porte à leur utilisation de plus en plus accrue dans nos vies. C’est un enjeu qu’il faut surveiller de très près et réagir vivement si l’on constate le moindre signe d’abus.

Nous sommes très désolés pour la dépense que les nouveaux conducteurs encourront avec le retour des cours de conduite obligatoires. Désolés également pour les utilisateurs de cellulaire responsables. Voir notre opinion du 18 novembre .

Heureux de constater que des mesures sévères seront adoptées contre les récidivistes et les grands excès de vitesse.

Québec doit renoncer à imposer la norme du 0,05

Les Québécois pourront continuer comme avant de prendre un verre ou deux avant de prendre le volant, et ce, en toute légalité.

Mais ils devront laisser le cellulaire bien rangé lorsqu'ils conduisent et surveiller de près les radars photos.

Faute d'avoir obtenu l'appui des deux partis d'opposition, la ministre des Transports, Julie Boulet, a dû renoncer, mardi, à abaisser à 0,05 mg - au lieu de 0,08 mg - la norme permise d'alcool par 100 ml de sang, pour conduire un véhicule automobile.

Ainsi, le projet de loi 42 défendu par la ministre Boulet se trouve amputé d'un de ses aspects les plus contraignants imaginés par Québec pour améliorer son bilan de sécurité routière.

Le Québec demeurera donc la seule province canadienne à maintenir la norme du 0,08, au lieu de celle plus coercitive du 0,05.

Le projet de loi 42, un des plus controversés de la présente session parlementaire, a franchi mardi soir l'étape de l'étude article par article. Normalement, après avoir perdu quelques plumes, il devrait être adopté mercredi.

Dès le début de l'étude du projet de loi, péquistes et adéquistes avaient exprimé des réserves par rapport au volet du projet de loi touchant le taux d'alcoolémie.

Ils jugeaient que Québec s'attaquait à la mauvaise cible et aurait dû s'en prendre plutôt aux récidivistes de l'alcool au volant et laisser en paix les buveurs sociaux.

En désespoir de cause, craignant que son projet de loi ne meure au feuilleton, la ministre Boulet avait présenté un amendement vendredi prévoyant reporter de deux ans - de 2008 à 2010 - l'application de la loi. Mais cette ultime concession a été rejetée par les deux partis d'opposition.

Dans ses remarques de clôture, la ministre Boulet s'est montrée «extrêmement déçue» de constater que les articles relatifs au taux d'alcoolémie au volant ne passaient pas la rampe.

«Pour nous, chaque vie humaine compte», a-t-elle dit, en rappelant qu'en 2006 deux personnes étaient mortes chaque jour sur les routes du Québec et que parmi elles certaines avaient dans le sang entre 0,05 et 0,08 mg d'alcool par 100 ml de sang.

Les facultés affaiblies au volant sont reliées à 200 décès par année au Québec.

La ministre s'en est prise particulièrement au porte-parole de l'opposition officielle, le député adéquiste de Blainville, Pierre Gingras, qui contestait trois mesures majeures du projet de loi: la réduction du taux d'alcool permis, les radars photos et l'interdiction du cellulaire.

La majorité des groupes entendus en commission parlementaire étaient en faveur d'un resserrement des normes relatives à l'alcool au volant, a affirmé la ministre.

Parmi les opposants, figuraient les tenanciers de bars et les restaurateurs.

S'il avait été adopté tel que présenté, le projet de loi aurait eu pour effet de faire perdre au contrevenant son permis de conduire pendant 24 heures.

«Nous, on y croyait», a dit Mme Boulet, dans ses remarques finales.

Les autres volets du projet de loi ont été mieux reçus par l'un ou l'autre des partis d'opposition et ont donc pu être adoptés.

A compter d'avril 2008, le cellulaire au volant serait donc interdit, mais le dispositif mains libres demeurerait permis.

Pour réduire la vitesse, Québec mènera par ailleurs des projets pilotes de radars photos, dans une quinzaine de villes.

Le projet de loi 42 modifie le Code de la sécurité routière et le Règlement sur les points d'inaptitude.

Le montant des amendes sera revu à la hausse - voire doublera -, de même que la possibilité de perdre des points d'inaptitude en cas d'excès de vitesse.

Les grands excès de vitesse seront particulièrement réprimés.

Par exemple, un conducteur roulant à 96 kilomètres dans une zone de 50 km-h se verra imposer une amende de 480 $ en plus de perdre 10 points d'inaptitude.

Pour les jeunes conducteurs, une telle infraction entraînerait la révocation du permis de conduire puisque le projet de loi prévoit limiter à 8 - au lieu de 15 - le nombre de points d'inaptitude pour les automobilistes de 23 ans et moins.

Pour tous les nouveaux conducteurs, le cours de conduite redevient obligatoire et l'accès au permis devient graduel.

De plus, les limiteurs de vitesse fixés à 105 km-h deviennent obligatoires pour les véhicules lourds.

Monday, 12 November 2007

LE CULTE DE LA PEUR

Deux articles qui paraissent la même journée dans deux journaux différents mais qui nous viennent des deux parties du monde, par des auteurs différents, dans des langues différentes, est un signe très encourageant que de plus en plus de gens ont le goût de crier leur trop plein face à la propagande de l’industrie de la peur.

Dans l’article plus haut -- en anglais -- qui nous parvient du Royaume Uni, les auteurs décrivent comment que les diverses ‘’peurs du jour’’ des dernières années tel que le bogue de l’an 2000, la maladie de la vache folle, la nocivité de la fumée secondaire, la grippe aviaire, entre autres, se sont avérés, que de l’hystérie sans grand fondement simplement parce-que les médias sont friands des nouvelles ‘’vendeuses’’.


Ils procèdent en nous mettant en garde que toute cette industrie de la peur non seulement est un vrai gaspillage des fonds publics mais peut même causer un grand nombre de décès comme fut le cas avec le bannissement du DDT.

Qu'on se le dise : la peur est un mal nécessaire à la survie de l’espèce humaine, mais la peur exagérée et sans vrais fondements, peut devenir paralysante autant pour l’individu que pour la collectivité.

Le cauchemar de la peur

Julius Grey Le Journal de Montréal

Il y a quelques jours, les nouvelles à la radio anglaise de Radio-Canada contenaient trois sujets : le pédophile recherché en Thaïlande que l'on avait écroué à Vancouver, l'enquête sur la pédophilie à Cornwall en Ontario et la disparition d'un nouveau-né d'un hôpital ontarien.

Rien sur la politique étrangère, sur l'environnement, sur l'économie. Ce choix de nouvelles démontre de façon convaincante à quel point nous sommes devenus une société de la peur.

En plus de la pédophilie qui est devenue une véritable obsession, nous sommes préoccupés par le crime, le terrorisme, la sécurité, et parfois nous manifestons beaucoup d'hystérie face aux sujets temporairement à la mode tels que la fumée secondaire ou la pornographie.

Bien sûr, certaines de ces préoccupations sont sérieuses. La pédophilie, le crime et le terrorisme existent et leurs conséquences sont parfois très graves. Mais est-ce que la panique est justifiée?

La pédophilie a toujours existé. La littérature classique est remplie d'allusions aux jeunes garçons. Le grand romancier russe du XIXe siècle Dostoïevski a traité de la pédophilie de façon moderne. Y a-t-il des raisons de soupçonner une augmentation du nombre ou de la gravité des incidents? Rien de moins sûr. Il s'agit d'un phénomène stable ancré dans la psychopathie d'un petit nombre d'individus. Quant au crime et au terrorisme, contrairement à l'opinion populaire, ils sont à la baisse. Le pire acte terroriste au Canada, la destruction du Boeing d'Air India, est arrivé longtemps avant le 11 septembre. Si nous ne sommes pas complètement à l'abri d'un attentat, rien ne justifie toutefois notre peur excessive.

Mais pourquoi ne pas être vigilant? En soi, la prudence n'est pas critiquable. Cependant, les vagues de peur exercent une influence sur l'électorat, les législateurs et les juges, et finissent par diminuer les garanties essentielles de la liberté. Déjà, le droit au silence dans un poste de police s'effrite, les sentences s'allongent, les fouilles et les écoutes deviennent banales.

Vaincre la peur

L'autre effet néfaste des vagues de peur est que la société passe à côté d'autres problèmes aussi graves. Ainsi nous nous préoccupons de la présence d'un kirpan sikh à l'école,mais beaucoup moins du décrochage scolaire ou de la qualité de l'éducation. Savons-nous que du point de vue statistique les pesticides sont beaucoup plus dangereux que la fumée secondaire? Que notre patrimoine culturel est mis en péril infiniment plus par les coupures des subventions que par la présence de quelques individus de coutumes différentes? Que les accidents représentent un danger beaucoup plus grand que le crime? La peur collective menace non seulement notre liberté,mais aussi notre capacité de penser.

Comment vaincre la peur? Une défense farouche de l'indépendance individuelle demeure sûrement la prescription de base. Ensuite, il faut retourner vers le rationalisme. Pour constater qu'il existe un danger il ne suffit pas de ressentir une crainte ou d'en remarquer une chez nos voisins. Il faut rechercher les donnés statistiques, logiques et sociologiques.

Un de nos grands savants, Mario Bunge, de l'Université McGill, nous met en garde contre l'obscurantisme, la tendance à proclamer des «vérités» sans les avoir prouvées.

Nous devons donc nous réveiller de ce cauchemar de la peur et utiliser nos connaissances ainsi que notre intelligence pour dresser la liste de nos priorités, et surtout pour nous assurer que les mesures adoptées pour atteindre nos buts ne détruisent pas la liberté et ne nous privent pas de l'objectivité et de la sérénité.

Friday, 9 November 2007

ALCOOL AU VOLANT

Voici un article qui nous rapporte les résultats d’un sondage Léger Marketing sur la ‘’peur’’ d’être arrêté en état d’ébriété au volant. 40% ne craignent pas que la police les arrête, nous rapporte cet article d’un ton alarmiste. Est-ce que cela signifie que parce-que 40% des gens n’ont pas peur d’être arrêtés par la police que 40% vont en effet conduire en état d’ébriété comme l’article laisse sous entendre ? Ce sous entendu est tout à fait gratuit, puisque le même sondage nous rapporte que 90% des gens (9 sur 10) sont conscients du danger d’avoir un accident en conduisant avec des facultés affaiblies. Qu’est-ce qu’il est plus important, que les gens soient conscients du danger ou qu’ils aient peur de la police ? N’est-ce pas plutôt une bonne nouvelle que les gens se conscientisent et se responsabilisent par l’éducation plutôt que par la peur de l’autorité ?

Alcool au volant: 40% des conducteurs ne craignent pas la police

Pierre Pelchat

Le SoleilDes dizaines de milliers de conducteurs québécois sont convaincus de ne pas être arrêtés par la police s’ils sont au volant avec les facultés affaiblies par l’alcool.

Selon un sondage Léger Marketing réalisé pour le compte de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), 40 % des personnes interrogées considèrent que le risque de se faire arrêter par la police pour conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool est faible, voire très faible, et cela, en dépit d’une présence accrue des forces policières sur les routes du Québec et dans les rues des villes en cette Année de la sécurité routière.

À l’inverse, 58 % des sondés sont d’avis que le risque d’être arrêté est élevé ou très élevé. Deux pour cent des personnes interrogées n’avaient pas de réponse.

Le président de la Table sur la sécurité routière, Jean-Marie De Koninck, estime que le taux de 58 % est nettement insuffisant et vient miner les efforts de sensibilisation sur les dangers de l’alcool au volant. «Tout est là en ce qui concerne la sécurité routière. C’est une question de perception. Il faut que les conducteurs soient convaincus de la possibilité de se faire arrêter.

La proportion de ceux qui évaluent le risque élevé devrait être de 90 %», a-t-il commenté, au cours d’un entretien avec Le Soleil.

Le fondateur d’Opération Nez rouge préconise l’ajout de barrages routiers et d’opérations radars. «La formule gagnante en matière de sécurité routière passe par la sensibilisation, la législation et le contrôle policier. Ce qui manque, c’est le contrôle. Même s’il y a de la sensibilisation et une bonne législation, on ne sera pas plus avancés s’il n’y a pas un bon contrôle policier», a-t-il soutenu.

À une autre question portant sur le risque d’être arrêté durant le mois précédant la tenue du sondage, les personnes interrogées étaient toutefois un peu plus nombreuses que l’année précédente à dire que le risque avait augmenté.

La crainte d’avoir un accident en conduisant avec les facultés affaiblies est beaucoup plus grande que celle d’être intercepté par un policier. Près de 9 conducteurs sur 10 ont reconnu que le risque d’un accident est élevé dans de telles circonstances.

Le sondage montre que les jeunes sont beaucoup plus nombreux à avoir prévu le coup pour ne pas conduire leur véhicule alors qu’ils allaient consommer à l’extérieur de leur domicile. Plus de 9 jeunes sur 10 de 16 à 19 ans ont soit fait appel à un conducteur désigné, pris un taxi ou le transport en commun, resté à coucher chez la personne où le jeune était ou utilisé un service de raccompagnement.

L’an dernier, cette proportion n’était que de 69 %.Plus les conducteurs avancent en âge, plus la proportion d’entre eux qui «prévoient le coup» diminue. Chez les 55-64 ans, ce taux n’est que de 42 %.

Le sondage a été réalisé auprès de 1151 personnes du 26 juin au 9 juillet après la campagne publicitaire Alcool 2007 de la SAAQ. La marge d’erreur maximale est de plus ou moins 2,89 %, 19 fois sur 20.