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Thursday, 27 March 2008

INTERDIT D'INTERDIRE ?

Nous sommes agréablement surpris qu'enfin un média québécois nous pointe vers un article dénonçant, d'une part, l'ingérence extrême du gouvernement dans notre quotidien, et, d'autre part, l'arnaque du tabagisme passif. Force est d'admettre qu'il est désolant de constater qu'il ait fallu qu'un média d'outre atlantique (Courrier International) prenne l'initiative et, surtout, le courage de publier. Nos nombreux appels, ainsi que ceux d’autres organismes et citoyens, auprès des médias québécois dans le but d'investiguer sur l’enjeu du tabagisme passif, ont été traités avec une apathie déconcertante et plus qu'intrigante.

Nous espérons que cet article marque le début de l'étalement des menteries et exagérations et que les journalistes d'investigation québécois, exerceront enfin de la pression sur le gouvernement afin d'ouvrir une enquête à ce sujet trop longtemps enfermé à clé derrière les portes de la vertue.

Il est également intéressant de lire dans l'éditorial du Courrier International la raison qui a motivé les journalistes de traiter plusieurs sujets en même temps que le tabac, raison qui est en fait la même que celle que C.A.G.E. défend depuis le début, soit que le tabac fait partie d'une idéologie plus globale qui sert de modèle aux autres enjeux :

''Pouvait-on mettre dans le même sac les excès de la lutte antitabac, les interdictions diverses touchant la vitesse, la répression un peu hypocrite de la prostitution et différentes atteintes à la liberté d’expression ? Certains journalistes, grands fumeurs devant l’Eternel, étaient plutôt contre, considérant que la cigarette était en soi un sujet suffisamment important. Il faut dire qu’à l’origine ce sont des papiers russes qui avaient attiré notre attention. Et, à Moscou, où l’on clope sans vergogne, on observe la croisade actuelle un peu comme Dostoïevski voyait l’athéisme, autrement dit comme un mauvais tour de l’Occident contre la sainte Russie… Mais d’autres journalistes et moi-même estimions que le tabac n’était que la partie la plus visible d’une idéologie plus globale.''

Interdit d’interdire?
Les États veulent tout régenter


Cent soixante-huit pays ont signé la convention cadre pour la lutte anti-tabac de l’Organisation mondiale de la santé et fumer dans des lieux publics est interdit dans un nombre croissant de pays. Jusqu’à quel point l’État doit-il protéger les individus de leurs vices, s’interroge cette semaine Courrier International.

«Tabac, violence, malbouffe, beuveries: nous autres, les Britanniques, avons de vilaines habitudes. Et limiter ces comportements à risques est désormais une priorité politique. Les politiciens ont toujours veillé à ne pas trop donner l’impression de porter des jugements sur la façon dont les gens se comportaient. Mais les effets des mauvais comportements se faisant de plus en plus sentir, ils se montrent plus directs. Aujourd’hui, le gouvernement et l’opposition sont pris entre le marteau du paternalisme et l’enclume du libéralisme. La grande question, que tout le monde élude, est de savoir dans quelle mesure l’État peut ou doit nous protéger contre nous-mêmes», demande l’hebdomadaire britannique New Statesman, dans un article qui ouvre le dossier de Courrier International.

Moscou devrait bientôt interdire de fumer dans les lieux publics. Cette perspective inquiète Alexandre Privalov, de l’hebdomadaire russe Expert, car selon lui les fumeurs sont victimes de discrimination. «Le pire des criminels a des droits; le fumeur n’en a aucun. Toute question peut être réglée par un vote [à la majorité], sauf celle du tabac: dans une pièce contenant cent fumeurs et un non-fumeur, c’est ce dernier qui aura raison. De toutes les catégories humaines, la seule que l’on soit autorisé à considérer comme regroupant des citoyens de second ordre, c’est celle des fumeurs.»

Le sociologue allemand Wolfgang Schlüter, fumeur invétéré, dénonce pour sa part dans les pages du quotidien berlinois Die Welt la superstition anti tabac. «La classe dominante fonde ses restrictions sur des preuves médicales prétendument avérées de la dangerosité du tabagisme, et en particulier du tabagisme passif. Cette superstition scientifique, cette idolâtrie d’un empirisme que l’on ne saurait apparemment contester est dangereuse en soi. On a maintenant des études scientifiques qui servent à justifier l’exclusion et la ghettoïsation. La prochaine étape, ce sera une interdiction générale (sous peine d’arrestation) de la consommation de tabac qui s’étendra à la sphère privée, comme c’est déjà le cas pour les drogues végétales ou synthétiques. Je suis moi-même scientifique et je suis fermement convaincu qu’il n’est par principe pas possible de prouver que le tabagisme est la seule cause des pathologies ¬cancéreuses, cardiaques ou coronariennes. Ces études scientifiques se fondent sur des statistiques. Or les statistiques ne peuvent décrire que des corrélations, pas des liens de causalité.»

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